Albert Bourla, directeur exécutif de Pfizer, a également exprimé sa déception que la société se retrouve au coeur de l'élection présidentielle américaine, dans cette lettre citée par le New York Times jeudi. En se positionnant de la sorte, le docteur semble se distancier des prédictions ambitieuses du président sortant Donald Trump.

Mardi encore, lors du premier débat électoral retransmis en direct, le milliardaire a en effet assuré que le développement d'un vaccin contre le nouveau coronavirus n'était plus qu'à "quelques semaines près".

"J'apprécie un débat politique robuste, mais je ne suis pas un politicien", pointe M. Bourla. "La rhétorique politique amplifiée sur le développement d'un vaccin, l'agenda et le crédit politique affaiblit la confiance du public", suggère-t-il encore.

Aux côtés de Moderna ou encore Johnson & Johnson, Pfizer est un des laboratoires pharmaceutiques en phase 3 des essais cliniques aux Etats-Unis. L'essai de phase 3 du vaccin AstraZeneca/Oxford est actuellement suspendu dans le pays.

Cependant, Pfizer est la seule entreprise qui a à ce jour ouvertement tablé sur des résultats d'ici fin octobre, soit quelques jours avant le scrutin, ce qui permettrait à la société de déposer immédiatement une demande d'autorisation auprès de l'agence américaine des médicaments (FDA). Cet agenda ambitieux met toutefois en difficulté l'entreprise, allant dans le sens des prédictions de Donald Trump qui a même décrit M. Bourla de "grand homme". Or, la réputation scientifique de la société pourrait être remise en question si elle est suspectée d'accélérer ses travaux pour des raisons politiques.

La société américaine Moderna a informé pour sa part mercredi qu'elle ne produirait pas de résultats avant le 25 novembre au plus tôt.

Début septembre, neuf patrons de sociétés développant des vaccins contre le Covid-19, dont Pfizer, ont signé un engagement commun à respecter la plus haute rigueur scientifique dans le développement d'un vaccin.