C’est un mal qui peut rendre la vie insupportable au quotidien. Caractérisée par une douleur modérée à sévère sous forme de palpitations ou pulsations sur un ou les deux côtés de la tête, la migraine fait encore plus de ravage au travail. En effet, d’après une enquête nationale réalisée par Indiville auprès de 1000 Belges, 3 migraineux sur 4 ont déjà expérimenté une crise de migraine au bureau mais en 2019, seulement 2% des migraineux avaient le réflexe de rentrer travailler à la maison lors d’une crise. Cette étude a été réalisée dans le cadre de la huitième semaine de la migraine qui mettra cette année l’accent, du 28 septembre au 2 octobre, sur l’impact de la migraine sur la vie professionnelle.

D’ailleurs, comment se forme concrètement une migraine ? “Les migraineux ont un cerveau hyper sensible. Face à certains facteurs déclenchants, leur cerveau s’emballe très vite, ce qui crée une réaction inflammatoire et diffuse ensuite des substances qui causent les douleurs”, explique Gianni Franco, neurologue au CHU UCL Namur à Dinant.

Au niveau des facteurs déclencheurs, une lumière trop forte ou trop vive (64%), le stress et la pression liés au travail (55%) ainsi que des bruits forts ou des grincements (54%) sont les plus cités sur le lieu de travail par les répondants. “Au total, il y a environ 400 facteurs déclencheurs. On peut aussi ajouter les odeurs particulières, le stress des embouteillages avant de se rendre au travail, les troubles du sommeil, les troubles de la posture au travail mais aussi la déshydratation et l’alimentation sur son lieu de travail. Les femmes sont d’ailleurs les plus touchées en raison de leur variation hormonale. Le but est que chacun puisse repérer ces facteurs pour les éviter”, détaille celui qui est aussi collaborateur à l’Université de Liège.

"35% seulement déclarent en discuter avec leur supérieur”

D’ailleurs, en 2019, seul 27% des patients migraineux ont déclaré s’être absentés du travail en raison de leur migraine et seulement 15% des migraineux arrêtent complètement de travailler et rentrent à la maison lors d’une crise. D’après l’enquête réalisée par le groupe pharmaceutique GSK, la migraine reste un sujet tabou dans le milieu du travail, en effet, “34% des migraineux cachent leur migraine à leur supérieur”, note Heidi Verlinden, chercheuse en Ressources humaines chez Securex. “Les résultats de l’enquête indiquent que les patients migraineux ont plus de mal à parler de leur maladie à leurs supérieurs qu'à leurs collègues ou amis. Ils craignent surtout un manque de compréhension de leur part : 49% des migraineux déclarent que leurs collègues sont au courant de leur maladie, alors que 35% seulement déclarent en discuter avec leur supérieur”.

Au niveau des raisons les plus fréquentes liées à l’absentéisme au travail, les maux de tête et la migraine ne se hissent qu’à la cinquième place en 2019 (12% dans les deux cas), précédés par les maladies saisonnières telles que les infections respiratoires (45%), les troubles gastro-intestinaux (27%) et la grippe saisonnière (25%).