La première livraison de 10.000 vaccins de Pfizer/BioNTech est arrivée samedi matin à l’hôpital universitaire de Louvain (UZ Leuven). Ils seront décongelés dimanche. "Ces dernières semaines et mois, nous avons travaillé très dur avec notre équipe pour que tout soit prêt", déclare Thomas De Rijdt, responsable de la pharmacie hospitalière de l’UZ Leuven. "Aujourd’hui, c’était le grand test, et je peux dire que nous avons réussi avec brio."

Les premières doses sont arrivées à l’hôpital par transport sécurisé à 9h et ont été immédiatement conservées dans l’ultra-congélateur à -75 degrés Celsius. Il est question de 9 750 vaccins, répartis sur 10 plateaux de 975 vaccins chacun.

Dimanche dès 13h, la décongélation des premiers vaccins, destinés à être administrés le 28 décembre, débutera. Ils seront déplacés vers un réfrigérateur d’une température comprise entre 2 et 8 degrés. À partir de ce moment, ils pourront être conservés au réfrigérateur pendant cinq jours encore.

Les doses seront acheminées vers les maisons de repos via un transport réfrigéré, avec les seringues, les aiguilles et le diluant. Une fois le vaccin dilué, il peut être utilisé pendant encore six heures.

"Nous sommes très fiers d’avoir été choisis comme premier hub hospitalier", souligne Thomas De Rijdt. "C’est une récompense pour notre travail acharné au cours des derniers mois. Nous sommes heureux de mettre à disposition toutes nos connaissances et notre expertise."

Dans les mois à venir, 41 centres hospitaliers assureront la poursuite de la distribution des vaccins.

Les premières vaccinations belges contre le Covid-19 auront lieu lundi dans trois maisons de repos du pays : à Notre Dame de Stockel à Woluwe-Saint-Pierre, à La Bonne Maison de Bouzanton à Mons et au woonzorgcentrum Sint-Pieters de Puurs-Saint-Amand.

Une deuxième phase pilote est prévue le 30 décembre, si tout se passe bien le 28 décembre. Les résidents de quatre maisons de repos du Brabant flamand seront alors vaccinés mercredi, au sein des établissements Spelthof à Binkom, Armonea De Wyngaert à Rotselaer, Edouard Rémy à Louvain et Onze-Lieve-Vrouw à Wezembeek-Oppem.

Deux injections

Le vaccin Pfizer/BioNTech nécessite deux injections pour être efficace. La deuxième se produit après 21 jours avec un écart possible de trois jours avant ou après. "Si la vaccination doit être reportée, par exemple en raison d’une forte fièvre, la vaccination sera administrée le plus tôt possible après la guérison. Dans ce cas, le délai de 21 jours pourra être dépassé", explique le vaccinologue, Pierre Van Damme.

Si un résident d’un centre de soins résidentiels décide de ne pas se faire vacciner, il le pourra car la vaccination n’est pas obligatoire. "C’est un acte volontaire", rappellent les experts.

Certaines personnes ont peur de possibles effets secondaires comme des réactions allergiques mais Pierre Van Damme tient à rassurer. "Les allergies alimentaires, au latex, à la pénicilline ou le rhume des foins ne sont pas des contre-indications. Ce que nous surveillons de près, ce sont les personnes qui sont allergique aux composants du vaccin. Cela s’applique aussi à une personne qui a déjà réagi de manière anaphylactique à l’administration d’un autre vaccin dans le passé."

Les résidents des centres de soins seront les premiers à être vaccinés lundi et cela pourrait durer jusqu’à la fin du mois de février. À partir de mars, ce sera ensuite au tour du personnel hospitalier et de première ligne, ont fait savoir samedi les experts de la task force pour l’opérationnalisation de la stratégie de vaccination. Cette phase comprendra également les centres pour handicapés.

Dans la phase 1B, les patients à risque, tels que les personnes atteintes de maladies chroniques et les personnes de plus de 65 ans, seront vaccinés. En termes de calendrier, cette phase est prévue pour le mois de mai, mais tout dépend également de l’approvisionnement en vaccins.