La France (comme la Belgique) a décidé dès jeudi de fermer ses écoles et d'encourager les entreprises à opter pour le télétravail. Deux mesures qui, ensemble, pourraient abaisser le pic épidémique de 40%, selon une étude publiée par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

Selon Vittoria Colizza, à la tête de l'étude, ce n'est qu'en couplant ces deux mesures que l'impact sur l'épidémie sera vraiment significatif. Sur Twitter, la scientifique qui travaille pour l'université de la Sorbonne et l'Inserm explique que la seule fermeture des écoles ne fonctionnera pas. "Une adoption massive de télétravail dans les entreprises est nécessaire pour réduire la courbe épidémique", souligne-t-elle.

L'étude révèle en effet que dans les trois régions françaises les plus touchées par le Covid-19 -l’Ile-de-France, les Hauts-de-France et le Grand Est- la seule fermeture des écoles jusqu'aux vacances de Pâques ne permettrait de réduire que de 10% le pic d'incidence de l'épidémie. "En revanche, si elle est couplée avec un passage en télétravail de 25 % des adultes, la clôture des établissements scolaires pendant huit semaines parviendrait à différer le pic épidémique de près de deux mois et d’abaisser de presque 40 % la hauteur de ce pic, c’est-à-dire le nombre de cas quotidiens", écrit Le Monde qui a relayé l'étude publiée en anglais.

Toujours selon les modélisations effectuées par l'équipe de chercheurs dirigée par Vittoria Colizza, ces deux mesures ensemble devraient réduire de 15% le nombre total de personnes infectées par le coronavirus.

"Face à une épidémie, la combinaison de ces deux mesures poursuit deux objectifs : gagner du temps pour se préparer et réduire la pente de sa courbe de croissance pour l’étaler dans le temps. Cela permet de décaler la survenue du pic et de diminuer l’incidence atteinte lorsqu’il arrive", conclut Vittoria Colizza.