Sciensano, l'institut belge de la santé, a observé une surmortalité pendant les trois périodes de l'été 2019 où le plan forte chaleur a été activé. Ces décès supplémentaires ont été constatés pendant ou juste après les journées les plus chaudes. La deuxième moitié du mois de juillet a notamment connu un pic. La surmortalité, au sein de la population, a surtout frappé les jours où les températures étaient supérieures à 30°C.

Pendant et après la première vague de chaleur (21 juin - 2 juillet), "on a observé une surmortalité modérée (+4% ou 128 décès en plus des 2.885 décès attendus) dans tous les groupes d'âge de la population mais principalement dans le groupe des personnes âgées de plus de 65-84 ans. En Flandre, le nombre de décès supplémentaires au cours de la première vague de chaleur est resté plus limité qu'en Wallonie et à Bruxelles, probablement parce qu'au nord du pays, les températures étaient moins élevées au cours de cette période que dans les deux autres Régions", explique Nathalie Bossuyt, chercheuse chez Sciensano.

Lors de la deuxième vague de chaleur (19 - 27 juillet), une surmortalité prononcée a été constatée dans toutes les catégories d'âge en Belgique (+17% ou 400 décès en plus des 2.296 décès attendus), mais surtout dans le groupe des personnes âgées de plus de 85 ans. Sachant que le nombre de décès supplémentaires (en plus du nombre de décès attendus) a connu une pointe pendant trois journées consécutives: le 24 juillet avec 81 décès supplémentaires, le 25 juillet avec 110 décès supplémentaires et le 26 juillet avec 136 décès supplémentaires.

"Pendant la deuxième canicule, la surmortalité a été très élevée principalement à Bruxelles (jusqu'à presque 35%). Une explication possible pourrait être un effet d'îlot de chaleur urbain. Dans les villes, il peut en effet faire beaucoup plus chaud que dans les territoires avoisinants, par le fait que le vent y est bloqué et que la chaleur s'accumule dans le béton, l'asphalte et les pierres. De ce fait, les températures nocturnes peuvent également y rester plus élevées, alors qu'à la campagne, les nuits sont plus fraîches", précise Nathalie Bossuyt.

Enfin, au cours de la troisième vague de chaleur (23 - 29 août), une surmortalité évidente a de nouveau été constatée en Belgique (+10% ou 188 décès en plus des 1.795 décès attendus), principalement dans le groupe des plus de 65 ans. Cette "troisième canicule s'est caractérisée par une surmortalité en Flandre et en Wallonie, mais pas à Bruxelles", poursuit Nathalie Bossuyt.

Il est toutefois encore un peu trop tôt pour conclure sur le nombre total de décès pendant tout l'été de 2019, précise Sciensano. De plus, l'institut belge de la santé ne dispose pas encore des causes de décès spécifiques et de ce fait, "il n'est pas possible de déterminer quelles ont été les causes exactes de cette surmortalité", ponctue-t-il.