La crise du Covid-19 va encore accentuer la dégradation du bien-être en 2020, prévoit-il en outre. Le bien-être des Belges se dégrade depuis 2008. Après une embellie entre 2015 et 2018, celui-ci est donc à nouveau en baisse en 2019.

Si l'amélioration des composantes socio-économiques du bien-être (diminution du taux de chômage, des personnes en situation de privation matérielle sévère ou encore des jeunes en décrochage scolaire) avait permis cette embellie, la détérioration de la santé et des relations sociales de la population en 2019 est telle que ces améliorations sont insuffisantes pour maintenir le rebond du bien-être observé depuis 2016.

La détérioration de la santé, tant physique que mentale, n'est pas neuve, souligne le BFP. Elle s'observe depuis le début de la crise de 2008. En 2019, l'état de santé déclaré par les Belges se dégrade, notamment du fait d'une hausse des problèmes de santé de longue durée et des troubles mentaux.

Même si les données complètes pour 2020 ne sont pas encore disponibles, le BFP a estimé l'impact de la crise sur l'indicateur de bien-être actuel à partir des données disponibles entre mars et octobre 2020. Toutes les observations pointent vers une accentuation de la baisse du bien-être déjà observée en 2019.

La santé, physique et mentale, et les relations sociales sont en effet particulièrement impactées par la pandémie et les mesures de confinement. Or, il s'agit là de deux composantes clés du bien-être en Belgique.

La pandémie a également un impact sur les composantes socio-économiques du bien-être, sans parler de l'éducation, ajoute le BFP.

Les catégories de personnes dont le bien-être est le plus susceptible d'être affecté sont les jeunes, les femmes, les personnes vivant seules, sans diplôme du supérieur, et celles au chômage ou en incapacité de travail de longue durée, comme le précisait un rapport du BFP publié en avril dernier.

La pandémie et ses conséquences vont aussi peser sur le bien-être des générations futures, insiste le Bureau du Plan. Leurs impacts sur la santé et les résultats scolaires risquent de détériorer le capital humain, pilier de la société et de l'économie.

La pandémie a, par ailleurs, permis de réduire certains impacts des activités humaines sur l'environnement comme les émissions de gaz à effets de serre, mais il s'agit toutefois d'évolutions temporaires qui ne remettent pas en cause la détérioration du capital environnemental observée depuis le début des années 90, selon le BFP.

Différentes enquêtes (Sciensano, Eurofound, etc.) ont suivi l'évolution de certaines composantes du bien-être comme la santé mentale ou encore la qualité de nos relations sociales. Rassemblés, les différents messages qui en ressortent indiquent, selon le BFP, que le bien-être de la population est plus impacté en 2020 que lors de la crise de 2008.

Le Bureau fédéral du Plan poursuit en soulignant que "le bien-être des Belges devrait être pris en considération dans les plans de relance". "De plus en plus d'études pointent les liens entre l'économie, l'environnement et le bien-être de la population en général. Il est donc aujourd'hui urgent de prendre en compte l'évolution du bien-être dans toutes ses dimensions", conclut-il