À situation particulière, dispositions particulières. La Belgique a adopté des mesures drastiques pour affronter le coronavirus. Mais ces dernières pourraient ne pas être suffisantes pour faire face à la maladie qui a déjà causé la mort de dix personnes dans notre pays et contaminé plus de 1.200 Belges. Le problème réside surtout dans le non-respect par certains des règles imposées. "Trop de gens se moquent encore des règles de sécurité", a regretté Anne-Mieke Vandamme, épidémiologiste moléculaire de l'Université de Louvain, dans les colonnes de Het Laatste Nieuws

L'experte prône donc un durcissement des mesures de la part du gouvernement, "pour que les gens se rendent compte de la gravité de la situation". Selon l'épidémiologiste, si de nouvelles mesures ne sont pas adoptées, le pays se dirigera vers une "situation à l'italienne", où "il faudra choisir quelles vies nous sauverons".

Il est difficile à l'heure actuelle de présager de la période sur laquelle s'étendra cette crise sanitaire majeure. Pour Anne-Mieke Vandamme, cela dépendra du comportement de la population. "Nous allons être en plein dedans pendant encore deux mois, jusque fin mai, début juin", estime-t-elle. "Et ce, uniquement si nous faisons de notre mieux et respectons les mesures dès aujourd'hui". L'épidémiologiste prédit ainsi un pic du nombre de contaminations d'ici deux à trois semaines, mais ce n'est pas pour autant qu'il faudra par la suite se montrer moins vigilant. "Il faudra poursuivre nos efforts pendant encore au moins un mois, avertit-elle dans Het Laatste Nieuws. La crise ne prendra pas fin tant que tout le monde ne sera pas guéri. Si nous sortons à nouveau, un deuxième pic suivra". Anne-Mieke Vandamme met donc en garde les Belges: leurs actes peuvent être déterminants pour la suite des événements. Elle estime que la crise pourrait durer six mois de plus si les règles ne sont pas scrupuleusement respectées.