En 24 h, 420 admissions et 235 sorties ont été enregistrées dans des hôpitaux belges. Le nombre de patients en soins intensifs a diminué (-4 personnes), de même que ceux sous respirateur (-11), par rapport à la veille, a annoncé lundi le Centre de crise dans le cadre de la pandémie de Covid-19. On a recensé par ailleurs 185 nouveaux décès.

Au total, 5 840 personnes sont désormais hospitalisées, dont 1 257 en soins intensifs. "Les chiffres de ce jour montrent une légère baisse dans les nouvelles hospitalisations (420 contre 499 24 heures auparavant, NdlR) ainsi que dans les occupations des lits en soins intensifs, analyse le virologue Steven Van Gucht, porte-parole interfédéral Covid-19. On veut insister sur le fait qu’il est possible que cela soit dû à un effet week-end (où les chiffres arrivent de façon moins fluide, NdlR ), comme lors des semaines précédentes. Il est trop tôt pour dire qu’il s’agit d’une véritable baisse. On voit que les chiffres de la semaine précédente montrent une stabilisation, une phase ‘plateau’, mais on va voir comment cela va évoluer durant cette semaine. La charge sur nos hôpitaux reste très lourde et il faut absolument continuer à maintenir les mesures."

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Et son collègue Emmanuel André d’insister :"D’une manière générale, on s’oriente vers une stabilisation qui se fait avec un niveau d’intensité de travail important dans les hôpitaux et dans d’autres lieux, notamment les maisons de repos. Nous voyons des résultats mais il faut absolument maintenir nos efforts un certain nombre de semaines pour que nous puissions revenir à un niveau acceptable."

Et le pic ?

On sait que parmi ces nouveaux décès, 60 se trouvent en Flandre, 80 en Wallonie et 45 à Bruxelles. Le nombre de morts monte donc à 1 632 depuis le début de l’épidémie. Parmi ces décès, 80 % ont eu lieu en hôpital et 20 % en dehors du système hospitalier. Dans la grande majorité des cas, pour les décès hors hôpital, il n’y a pas eu de confirmation du diagnostic par test. "Ce sont ce que l’on appelle des personnes suspectes d’infections à coronavirus", a souligné le Dr André, qui précise que la grande majorité sont des personnes "très âgées". "En Belgique, nous comptabilisons l’ensemble de ces décès comme étant ce qu’on pense être le meilleur reflet de la situation. Nous savons que dans d’autres pays on compte et on suit l’épidémie d’une façon quelque peu différente", a-t-il indiqué, répondant à une question sur le nombre de décès quasi similaire rapporté en Belgique et en Allemagne.

Actuellement, le taux d’occupation des lits en soins intensifs réservés au Covid-19 est de 66 % : 1 257 occupés et 638 disponibles. Selon les projections du modèle Seir appliqué par le physicien statisticien Nicolas Vandewalle (ULiège), on devrait rester sous le seuil de saturation pour les prochaines semaines, même si le nombre de morts, lui, devrait continuer à augmenter. "Si le rythme de croissance des hospitalisations d’avant le 22 mars s’était maintenu, nous serions aujourd’hui à près de 70 000 personnes hospitalisées au lieu des 5 840 aujourd’hui. La capacité hospitalière et la continuité des soins ont été préservées", observe de son côté sur Twitter l’épidémiologiste Marius Gilbert (ULB).

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Le pic des nouvelles admissions à l’hôpital va-t-il être atteint cette semaine ? "Il est difficile, voire impossible de dire à l’avance quand on va exactement passer le pic, nous dit-on à l’Institut de santé publique Sciensano. Le but des mesures était d’éviter un v rai pic, et de plutôt atteindre un ‘plateau’ (courbe aplatie sans vrai pic) afin d’éviter l’effondrement des hôpitaux. Aujourd’hui, nous constatons que la situation se stabilise sur un tel plateau, bien que le nombre d’admissions reste élevé. C’est une situation qui peut encore durer quelque temps. Impossible de dire quand on va exactement quitter ce plateau. Voilà pourquoi il est important de continuer à respecter les mesures, parce qu’une stabilisation n’implique pas que l’épidémie soit terminée."

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