Marc Van Ranst et Geert Meyfroidt ont mis les Belges en garde. 

"Le virus n'existe plus cliniquement". C'est ce qu'a affirmé le Dr Albert Zangrillo, directeur de l'hôpital San Raffaele de Milan, ce lundi 1er juin. Des propos soulignant que la force du virus se serait considérablement affaiblie qui ont tout aussi vite été recadrés par l'OMS. L'organisme a pointé du doigt une déclaration trompeuse. "Nous devons être exceptionnellement attentifs à ne pas donner le sentiment que tout à coup le virus, par sa propre volonté, a décidé de devenir moins pathogène, a réagi Michael Ryan, chef du programme d’intervention d’urgence à l’OMS. Ce n’est pas du tout le cas."

"Aucune preuve"

Alors qu'en Belgique la tendance est à l'optimisme au vu des chiffres assez bas des derniers rapports épidémiologiques, les experts ont également tenu à rester prudents quant aux affirmations du médecin italien.  "Il n'y a aucune preuve que le coronavirus s'est affaibli ou est devenu moins contagieux", ont averti les spécialistes, interrogés par nos confrère de Het Laatste Nieuws. Le virologue Marc Van Ranst (KULeuven) a, pour sa part, rappelé que l'on pouvait toujours être aussi malade en cas de contamination. "Les gens ont l'impression qu'un virus fait moins de dégâts au début ou à la fin de l'épidémie, car il y a moins de personnes touchées, a constaté l'expert membre du GEES. Mais que vous soyez contaminé au début ou à la fin de la pandémie, vous serez toujours aussi malade". 

Même son de cloche du côté de Geert Meyfroidt, président de l'Association belge de médecine intensive. "Nous atteindrons la fin de l'épidémie quand aucune nouvelle infection n'aura été enregistrée depuis au moins un mois, a-t-il précisé à Het Laatste Nieuws. Nous n'en sommes pas encore là du tout. Il n'y a désormais plus de nouveaux patients qui entrent aux soins intensifs, mais si l'on regarde les pourcentages il y a toujours autant de personnes qui tombent gravement malades que de personnes qui le sont moins." 

Comme une pizza

Le Dr Zangrillo s'est basé sur des échantillons prélevés au sein de son hôpital pour affirmer que le "virus n'existait plus cliniquement". Selon un chercheur américain, cela n'a pas de sens de faire de certains cas une généralité. Ce dernier a ainsi donné l'exemple des pizzas. Ce n'est pas parce qu'une pizza d'un restaurant est savoureuse, que toutes le sont.