Un million de morts dans le monde, c’est le bilan de la pandémie établi par l’AFP ce lundi 28 septembre, huit mois après l’apparition du virus Covid-19 en Europe.

Dans le même temps, près de 24 millions de personnes contaminées sont guéries.

Inconnu il y a un an, le virus devient ainsi, parmi les maladies infectieuses, la troisième cause annuelle de mortalité dans le monde, après la tuberculose et l’hépatite. De façon générale, les cancers, accidents de la route et pollutions diverses sont à l’origine de bien plus de décès. Neuf millions de personnes décèdent chaque année du cancer.

Malgré le caractère dramatique de ce chiffre d’un million et les conséquences très lourdes du confinement sur des pans entiers de l’économie mondiale, cette pandémie n’est pas la plus mortelle, jusqu’à présent.

Le Sida a fait bien plus de victimes

Selon l’OMS, le Sida, tiré du virus de l’immunodéficience humaine (VIH), a entraîné la mort de 33 millions de personnes depuis son apparition dans les années 80. L’an dernier encore, malgré les succès thérapeutiques dans les pays riches, on a compté 690 000 décès liés au virus et 1,7 million de nouvelles infections.

La grippe, elle aussi, continue de sévir. L’OMS estimait en 2019 « qu’il y a chaque année 1 milliard de cas, dont 3 à 5 millions sont graves et provoquent de 290 000 à 650 000 décès dus à des complications respiratoires liées à la grippe ».

Les précédents : grippes, peste et choléra

Et quand cette grippe prend des proportions pandémiques, elle peut devenir terriblement meurtrière.

En 1918, la grippe espagnole aurait tué entre 50 et 100 millions de personnes au sortir de la Première guerre mondiale, en 1918 et 1919. Trois autres pandémies se sont produites par la suite : la grippe asiatique en 1957 (1 à 4 millions de décès), la grippe de Hong-Kong en 1968-1970 (environ 1 million de décès) et la grippe H1N1 de 2009-2010, dont le virus est toujours en circulation.

Les villes et villages de Belgique abritent encore des chapelles rappelant la frayeur des populations lors de la grande épidémie de choléra entre 1852 et 1860. Sans parler de la peste noire qui aurait tué entre 30 et 50 % de la population européenne de 1347 à 1352.

Bref, la pandémie actuelle, bien qu’encore invaincue, ne constitue pas l’épidémie la plus grave de l’histoire de l’humanité. De nombreux experts s’attendent à plusieurs vaccins au printemps prochain, dont la disponibilité ne sera pas immédiate pour l’ensemble de la population mondiale. Dès lors l’OMS déclare que le monde doit apprendre à vivre avec ce virus. "La fin de cette pandémie, ce sera au moment où, en tant que communauté, nous aurons appris à vivre avec cette pandémie », a déclaré à la mi-septembre, Hans Kluge, le patron (belge) de la branche européenne de l’OMS.

Qui meurt en Belgique?

Il n’existe pas de statistiques à l’échelle mondiale sur la répartition du virus par tranche d’âge et de sexe. Mais ces données existent dans les pays les plus développés, dont la Belgique.

On sait que les personnes âgées, de 65 ans et plus, figurent de loin, parmi les plus nombreuses victimes de la pandémie.

Chose plus étonnante : la Belgique est le seul de ces pays occidentaux, avec la Canada, où les femmes sont plus atteintes que les hommes. Les chiffres du bulletin épidémiologique de Sciensano, daté du 28 septembre, indiquent qu’en Belgique, les femmes sont non seulement plus contaminées (sauf pour les tranches d’âge 10-19 et 60-69 ans) mais aussi plus nombreuses à décéder que les hommes.

The Sex, Gender and Covid-19 Project a analysé les chiffres de plusieurs pays. Il constate qu’au 12 septembre, 52,76 % des victimes du Covid en Belgique étaient des femmes et 47,24% des hommes. La courbe des décès entre hommes et femmes a suivi un parcours similaire, mais depuis début août, la mortalité des femmes s’est accrue par rapport à celle des hommes. Cela peut être lié à l’espérance de vie des femmes qui est plus élevée que celle des hommes, environ 83 ans contre 79 ans. Egalement au fait qu’il y a un peu plus de femmes que d’hommes en Belgique, 51% contre 49%. Mais cela n’explique pas pourquoi la situation est différente dans la majorité des autres pays.