Selon un sondage du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) dévoilé jeudi à Genève, 51% des personnes interrogées ont affirmé que la pandémie avait des effets négatifs sur leur santé mentale. Plus de 60% de ces citoyens dans sept pays (Afrique du Sud, Colombie, Liban, Philippines, Royaume-Uni, Suisse, Ukraine) estiment que le coronavirus a montré l'importance à la fois de la santé physique mais aussi mentale. La crise a provoqué une détérioration de la situation et de nouveaux problèmes.

Elle a aussi réduit encore davantage l'accès aux soins. Celui-ci a été perturbé dans 93% de 130 pays interrogés récemment par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Le CICR et la Fédération internationale des sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) appellent tous les deux à davantage de financement pour la santé mentale dans le cadre des dispositifs humanitaires.

"La crise sanitaire du Covid a exacerbé la détresse psychologique de millions de personnes déjà confrontées à une situation de conflit ou de catastrophe", affirme le directeur général du CICR Robert Mardini. Une situation attribuée notamment aux restrictions liées au confinement et aux effets économiques.

Les soins de santé mentale sont parmi les moins coûteux dans les efforts humanitaires, fait remarquer de son côté le secrétaire général de la FICR Jagan Chapagain.

Il appelle à injecter des fonds pour permettre de s'adapter aux effets de la pandémie. Dans un rapport, le Mouvement souligne également les besoins urgents en santé mentale des personnels de santé aux bénévoles en passant par les travailleurs communautaires ou encore les dirigeants communautaires. Ceux-ci doivent être protégés, affirme-t-il.

Selon le sondage, au total 73% des personnes interrogées estiment que ces personnes sont davantage exposées que le reste de la population. Le CICR et la FICR demandent de garantir un accès rapide aux soins. Ils souhaitent que la santé mentale soit associée à toutes les activités lancées face à la pandémie