Il a été évidemment question de l'épidémie de coronavirus, et plus particulièrement de la nouvelle variante qui a été détectée au Royaume-Uni et qui commence à se propager dans de nombreux pays.

Le professeur Goossens a mis en garde par rapport à cette nouvelle souche du Covid-19. "Je pense qu’on la prend trop à la légère. Mais j’ai l’impression qu’on se rend compte maintenant qu’il faut effectivement tenir compte de cette nouvelle variante et qu’il faut prendre des mesures pour que cette variante ne se disperse pas dans notre pays. C'est une variante qui peut nous menacer et peut être responsable d'une troisième vague."

Herman Goossens détaille les raisons de son inquiétude: "Cette variante n'est pas nécessairement plus agressive, les gens ne sont pas spécialement plus malades, mais cette souche est beaucoup plus contagieuse. Donc finalement, à long terme, l'impact sera le même. Car s'il y a beaucoup plus d'infections, il y aura plus de gens hospitalisés et de gens admis aux soins intensifs. Et il y aura aussi plus de décès. C'est cela que l'on constate maintenant en Angleterre, surtout dans le sud-est et la région de Londres. Mais les Anglais ont peur maintenant que cela se propage au reste du pays."

Le microbiologiste espère que l'on ne répétera pas les mêmes erreurs qu'avant la première vague. "On a fait l’erreur de sous-estimer l’impact de ce virus au départ, en pensant que c'était simplement une grippe. Tout le monde s’est trompé, pas seulement en Belgique, et c’est acceptable. Mais je trouve que ce n’est plus acceptable, maintenant, de sous-estimer une nouvelle variante qui clairement, pose énormément de problèmes en Angleterre. Je pense que c’est très important de prendre des leçons de ce qui se passe dans d’autres pays. On a eu le problème en Italie et puis tout à coup, on s’est réveillé, on s’est rendu compte que ce n’est pas une petite grippe. Maintenant, on voit qu’en Angleterre, il y a cet énorme problème et peut-être une troisième vague qui en train de démarrer. Les Anglais sont très inquiets. Et donc, il y a de nouveau des leçons à apprendre. Je pense qu'il faut prendre ça au sérieux. On est en train de discuter de ce qu’on peut faire pour empêcher cette variante de rentrer dans notre pays, ce qui n’est pas simple évidemment puisque les gens bougent, les gens voyagent".

Sa stratégie? Donner une seule dose du vaccin mais à plus de monde

Pour lutter contre l'épidémie et notamment la nouvelle variante qui serait davantage contagieuse, le professeur Goossens prône une autre stratégie dans la vaccination: ne pas donner de double dose du vaccin mais une seule. Cela permettrait de vacciner plus de monde et plus vite. "Plusieurs pays discutent de la possibilité de donner une seule dose, et puis la deuxième dose 3 à 6 mois plus tard, parce que c'est un très très bon vaccin [NDLR: le vaccin Pfizer-BioNTech]. Et donc, même avec une dose, on a déjà une très bonne efficacité. C'est une piste qu'on est en train de discuter non seulement en Belgique mais également dans d'autres pays. Ça nous permet de protéger la population beaucoup plus vite avec déjà une dose, et de se protéger contre cette nouvelle variante".

Cependant, Herman Goossens a conscience que ce ne sera pas si simple: "La Belgique ne peut pas faire ça toute seule. À mon avis, il faut un accord avec d'autres pays, il faut un accord de l'Agence européenne des médicaments."