Voir dans cette année de crise sanitaire une opportunité? Ou se lamenter et sombrer? Telle est la question. Une question de positive ou de négative attitude. A ce propos, il semblerait que notre pays se divise en deux camps. Du moins s'il faut en croire un sondage réalisé auprès de 1000 Belges par iVox à l'initiative de la pharmacie en ligne Viata.be. Il en ressort en effet qu'environ un tiers des Belges ont cherché du réconfort dans leur canapé et la comfort food, alors qu'un autre tiers ont rebondi sur la situation, pour prendre de bonnes résolutions, côté sport et alimentation. Une positive attitude qu'auraient avant tout adopté les jeunes, d'après ce sondage, alors que les personnes qui ont été amenées à télétravailler ont davantage eu tendance à se laisser aller à de moins bonnes pour ne pas dire mauvaises habitudes.

Plus en détail dans les chiffres, l'enquête fait apparaître que plus d'un tiers des Belges ont vu leur santé tant physique (33 %) que mentale (36 %) se détériorer fortement l'an dernier. La cause principale en est un manque de motivation. C'est ainsi que 43 % disent avoir fait moins de sport. D'une part, certes, contraints et forcés parce que les infrastructures sportives étaient fermées, mais d'autre part surtout parce qu'ils n'en avaient tout simplement plus envie (28 %). 

Côté assiette, le bilan n'est guère plus réjouissant. Un cinquième des personnes interrogées ont déclaré qu'elles ont aussi mangé plus mal et 29 % qu'elles ont mangé davantage de sucreries et de snacks. Rien de surprenant dès lors à ce que près de la moitié d'entre elles disent avoir pris du poids : plus de 2 kilos pour un tiers d'entre eux et plus de 5 kilos pour un sur dix. Pas étonnant de ce fait que qu'ils soient plus nombreux à se plaindre de maux de dos et de douleurs musculaires (25 %), de maux de tête (20 %) et de troubles du sommeil (31 %).

Les gens qui télétravaillent sont le plus durement touchés

Autre constat qui ressort de ce sondage: le télétravail nuit gravement à la santé physique et mentale. Que l'on mange moins sainement (30 %) ou que l'on passe plus de temps qu'auparavant devant son écran d'ordinateur A tel point qu'un quart des personnes interrogées déclarent avoir même complètement négligé leur santé, soit deux fois plus qu'en moyenne. Plus d'un tiers des télétravailleurs se plaignent de problèmes de dos et musculaires (contre 22 % en moyenne) et de sécheresse oculaire (contre 26 % en moyenne).
C'est qu'ils sont souvent plus longtemps devant leur ordinateur qu'avant la crise du coronavirus. Un tiers passe en effet plus de 8 heures par jour rivés à leur écran (soit plus qu'avant la crise du coronavirus pour 40 %) et 10 % d'entre eux assistent à des réunions en ligne pendant plus de 4 heures par jour. Et ce, dans un espace de travail rarement adapté dans la plupart des cas. 45 % travaillent simplement dans leur salon sans bureau séparé et pas moins de 62 % n'ont pas de chaise de bureau ergonomique pour une journée de travail.

Les bons conseils pour le télétravail

"Afin d'éviter d'aggraver les problèmes de dos et musculaires, il est conseillé de se mettre debout régulièrement ainsi que d'adopter une bonne posture assise, conseille la pharmacienne Annelies Vanderlinden. Veillez à ce que le haut de votre écran soit bien à la hauteur des yeux, à être assis sur une chaise où vos genoux se trouvent plus bas que vos hanches et à ce que vos avant-bras puissent reposer sur votre surface de travail à angle droit. Si vous ressentez malgré tout des douleurs, un coussin chauffant ou de noyaux de cerises pourra vous soulager, tout comme un spray ou un gel chauffant. Pour éviter la sécheresse et la fatigue des yeux, il est conseillé de détourner votre regard de l'écran pendant 20 secondes toutes les 20 minutes et de cligner des yeux. Travailler avec un humidificateur d'air peut aussi aider, tout comme utiliser des larmes artificielles (sans conservateurs) ou des sprays pour les yeux à appliquer sur les paupières. Ce qu'il faut surtout éviter, c'est de vous rincer fréquemment les yeux (et jamais avec une solution pour lentilles par exemple) et de vous les frotter, car cela ne fait qu'aggraver l'irritation".

Nuisible à la santé physique, le télétravail le serait aussi pour la santé mentale. Un cinquième des personnes interrogées ont davantage de problèmes relationnels depuis la crise du coronavirus (un tiers de plus qu'en moyenne).

Près d'un Belge sur trois fait au contraire plus attention à sa santé

De l'autre côté, il y a celles et ceux qui ont profité de la crise pour, au contraire, se prendre en main. Trois Belges sur dix se sont en effet davantage occupés de leur santé. A tel point qu'une personne interrogée sur six déclare que sa santé physique s'est améliorée, et pour une sur huit, c'est aussi le cas mentalement.

Bien que la plupart des infrastructures aient été fermées, un cinquième de la population interrogée a malgré tout fait plus de sport qu'à son habitude : de la marche (42 %), du vélo (18 %) et de la course à pied (10 %). ET 27 % ont davantage pris le temps de cuisiner des plats frais eux-mêmes. Ainsi, un quart des gens ont mangé plus sainement et une même proportion boit aussi moins d'alcool qu'avant la crise du coronavirus. Résultats de ces bonnes attitudes: un cinquième des personnes interrogées ont du poids, 13 % même plus de 2 kilos.

Parmi eux, principalement de nombreux jeunes (moins de 34 ans). Même si, mentalement, la crise a été particulièrement pénible pour ce groupe d'âge (40 % déclarent que leur santé mentale s'est fortement détériorée), ce sont paradoxalement eux qui se sont améliorés le plus sur le plan physique. Un cinquième des gens déclarent que leur condition physique s'est améliorée (contre 14 % en moyenne); 29 % ont fait plus de sport (principalement de la course à pied, 18 %).

Si près d'un tiers des répondants ont également perdu du poids, ils souffrent toutefois de beaucoup de stress supplémentaire (69 % contre 57 % en moyenne) et de solitude (51 % contre 44 % en moyenne), ce qui se traduit aussi physiquement par des maux tels que davantage de troubles du sommeil (37 %) et de maux de tête (30 %).

Quelles conséquences sur le long terme?

L'avenir n'est pas aussi rose qu'on voudrait l'espérer. Près de 6 Belges sur 10 pensent que les effets de la crise du coronavirus sur notre santé se feront encore sentir pendant longtemps. Les craintes? Ne pas perdre assez rapidement les kilos pris durant la pandémie (22 %), subir les sentiments dépressifs qui vont de pair (21 %) et voir le rythme travail/loisirs perturbé (17 %) pendant un certain temps encore. "Nous en ressentirons en effet les conséquences pendant facilement un an ou plus, pense aussi Annelies Vanderlinden. Vous pouvez comparer cela à une déprime hivernale dont nous souffrons parfois également les autres années, pendant quelques mois, mais qui dure depuis plus d'un an maintenant. Et dont les effets dureront également plus longtemps".