Une centaine d'académiciens et intellectuels signent un appel au secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres pour faire du futur vaccin Covid-19 un bien public mondial. L'appel est relayé lundi par le sénateur honoraire Pierre Galand et par le professeur Riccardo Petrella auprès de Barbara Pesce Monteiro, représentante à Bruxelles du Secrétaire Général des Nations Unies auprès de l'Europe et de la Belgique. Cet appel est lancé à la veille de l'ouverture de la 75e assemblée des Nations Unies. Il part du constat que "les intérêts des plus forts semblent dominer dans les réponses face à la pandémie" de coronavirus malgré les propositions appelant à faire du futur vaccin "un bien public mondial gratuit".

Appuyé par 176 personnalités de 33 pays, parmi lesquelles le recteur sortant de l'ULB Yvon Englert ou l'ex-rapporteur spécial de l'ONU pour le droit à l'alimentation dans le monde Jean Ziegler, l'appel invite à abandonner en 2020 et 2021 la brevetabilité du (des) vaccin(s) contre la Covid-19 à titre privé et à but lucratif. Il demande également de favoriser le lancement d'un programme mondial pour une nouvelle finance pour la santé de tous, à destination des pays pauvres. Enfin, il est demandé de mettre en place un groupe de travail chargé de formuler des propositions en vue de la création d'un Conseil de Sécurité des biens communs et publics mondiaux, en commençant par l'eau, la santé et les connaissances. Ce Conseil disposerait notamment de fonctions d'alerte, d'initiative et de contrôle.