Les arguments pour refuser de valider la technique sont "bof", selon ce dernier qui s'exprime mardi dans les titres Sudpresse. Les motifs évoqués pour justifier cet arrêt brutal : ces tests avec les chiens n'offrent aucune plus-value, 10 % de la population a peur des chiens, les six chiens validés ont d'autres missions à effectuer (recherche d'explosifs, de personnes, de drogues, etc.), le temps pour former de nouveaux chiens à la recherche directe sur les patients humains est trop long ou encore le cadre juridique en Belgique est inexistant.

Des justifications qui passent mal. "Les gens qui ont fait ces tests étaient un peu déçus dans le sens où, depuis le 8 mars, le gouvernement nous tenait en haleine", explique Hugues Guyot.

C'est en mars que les résultats ont été transmis à l'OMS. Ils se révèlent similaires à ceux d'autres pays au niveau des performances des six chiens retenus. Ensuite, plus de nouvelles de la Task Force Testing du gouvernement fédéral.

"Nous avons fait notre propre enquête sur des personnes. Effectivement, 10 % de la population a un peu peur des chiens. Mais ça ne veut pas dire que 10 % a réellement peur, ça veut dire que 2 à 3 % a vraiment peur, les autres, ils étaient juste un peu effrayés".

Un argument qui, dans sa méthodologie s'oppose au souhait du gouvernement fédéral qui envisageait le chien reniflant directement les personnes. Or, ce n'était pas le cas ici. "Nous, nous prenions des échantillons de sueur que nous donnions au chien par la suite, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de contact direct entre le chien et la personne. Comme cela se fait dans d'autres pays. Le gouvernement nous a demandé plusieurs fois s'il n'y avait pas moyen de faire directement du testing sur les gens, un peu comme les chiens qui reniflent la drogue sur les gens. Or, c'est plus dangereux pour le maître-chien et le chien d'être en contact directement avec les gens qui sont infectés et peuvent alors refiler le Covid à quelqu'un. Et d'autre part, le fait de sniffer directement les personnes, ça nécessite un entraînement plus long, plus lourd et différent".

"Après, ils nous ont dit que nous ne serions jamais prêts pour les événements de cet été", poursuit le scientifique. "Mais si on nous annonce les choses au mois de juin, alors qu'on sait qu'il faut au moins deux mois pour dresser les chiens, c'est sûr que c'est trop tard. Si leur décision avait été prise au mois de mars, là, nous étions prêts".