En temps normal, 5.725 nouveaux diagnostics de cancer sont établis en moyenne chaque mois en Belgique, sans compter les cancers de la peau non mélanomes. Ce nombre a toutefois commencé à décliner dès le mois de mars et le début du confinement, et s'est marqué par une baisse de 44% en avril, en plein confinement.

Plus précisément, cette diminution est de 43% pour les hommes et s'élève à 45% pour les femmes.

L'âge et le type de tumeur ont également un impact important sur cette baisse. Parmi les plus de 65 ans (groupe à risque du coronavirus), la diminution de diagnostics la plus prononcée concerne ainsi les plus de 80 ans (jusqu'à -51%), contre -40% chez les 65 à 79 ans. Chez les enfants et les adolescents jusqu'à 19 ans, la diminution a été limitée à 12%. Elle est de 34% chez les 20 à 34 ans et de 45% chez les adultes de 35 à 64 ans.

Les cancers de la peau ont été les moins détectés, en particulier les formes les moins sévères (-65%). Les diagnostics pour le type le plus agressif, le mélanome, ont tout de même lourdement chuté (-61%). Le Registre du Cancer remarque également une forte diminution pour les cancers de la prostate (-52%) et du poumon (-37%). La plus faible baisse s'observe pour les cancers du pancréas (-16%).

En outre, l'arrêt temporaire des programmes de dépistage à la mi-mars a "plus que probablement" affecté le nombre de nouveaux diagnostics pour le cancer du sein, du col de l'utérus et colorectal, note la fondation. Dans la population cible du dépistage colorectal, les hommes et femmes de 50-74 ans, les diagnostics ont baissé de 48% pour les hommes et 55% pour les femmes. Le cancer du sein montre une diminution de 48% pour tous les âges et de 51% dans la population cible de ce dépistage, soit les femmes de 50 à 69 ans. L'effet est moins marqué pour le cancer du col de l'utérus, avec une diminution de 20% aussi bien dans la population cible du dépistage (les femmes de 25 à 64 ans) que pour tous les âges confondus.

Malgré une reprise progressive des diagnostics à partir de la mi-avril, "une partie importante des nouveaux diagnostics attendus de cancer n'ont pas encore été établis", note le Registre du Cancer, qui conseille de consulter un médecin dès que possible en cas de plaintes et de symptômes persistants. "Un mouvement de rattrapage s'ensuivra et entraînera probablement aussi une charge accrue de travail pour les hôpitaux", conclut-il.