L'inquiétude face à la pandémie régnait toujours lundi aux Etats-Unis, où la barre des 130.000 morts du Covid-19 a été dépassée, et des scientifiques internationaux alertaient sur la possible transmission du coronavirus dans l'air.

Les Etats-Unis ont dépassé la barre des 130.000 morts du nouveau coronavirus et ont encore enregistré lundi un bilan journalier des nouvelles infections inquiétant, à près de 55.000 cas supplémentaires, selon les données de l'université Johns Hopkins, qui fait référence.

En une journée, le pays a enregistré 54.999 nouveaux cas, selon le comptage de cette université à 20H30 locales. En tout, 2,93 millions de cas de Covid-19 ont été comptabilisés depuis le début de la pandémie aux Etats-Unis. Par ailleurs, avec 357 morts supplémentaires en 24 heures, les Etats-Unis déplorent au total 130.248 décès du Covid-19.

Pays le plus touché - en valeur absolue - tant en nombre de cas diagnostiqués que de morts, les Etats-Unis connaissent depuis le mois de juin un grave pic de contaminations qui a poussé plusieurs Etats à suspendre leur processus de déconfinement, voire même à revenir en arrière en fermant les bars. Le nombre quotidien de contaminations enregistrées a ainsi atteint un record de 57.683 cas vendredi.

Alors que la barre des 100.000 morts avait été franchie le 27 mai, le président Donald Trump se réjouit que le nombre de morts quotidiens soit globalement en baisse, même si plusieurs experts estiment qu'il pourrait suivre la courbe des nouveaux cas et remonter dans plusieurs semaines. Une nouvelle mise à l'arrêt de l'économie américaine n'est cependant pas à l'ordre du jour, après les chiffres catastrophiques de l'emploi en mars et avril.

"Nous avons rouvert beaucoup trop tôt en Arizona", a déploré la maire de Phoenix Kate Gallego.

Le président Donald Trump continue pourtant d'affirmer que la crise est "sur le point" de s'achever, s'attirant l'ire entre autres du maire démocrate d'Austin, au Texas, Steve Adler, qui a qualifié ses propos de "dangereux" pour les habitants de sa ville, dont les services de réanimation risquent d'être débordés "d'ici dix jours".

Plus de 230 scientifiques internationaux ont par ailleurs alerté sur "la transmission aérienne du Covid-19", soit la suspension des particules virales dans l'air, et non seulement par la projection de gouttelettes (par la toux, l'éternuement et la parole) sur le visage d'autrui ou des surfaces.

Ils ont par conséquent recommandé une ventilation vigoureuse des espaces publics intérieurs.

"L'état de la pandémie n'est pas vraiment bon"

L'état actuel de la pandémie aux Etats-Unis n'est "vraiment pas bon", selon Anthony Fauci, directeur de l'Institut américain des maladies infectieuses, s'exprimant lundi. Plus d'une douzaine d'Etats fédérés continuent de pulvériser leurs records de cas de Covid-19 quotidiennement.

"C'est une situation grave que nous devons régler immédiatement", a soutenu M. Fauci dans une conversation diffusée en ligne avec le chef des instituts nationaux de Santé, Francis Collins. M. Fauci a indiqué que le pays été toujours en proie avec la première vague de l'épidémie. Il a incité la population plus jeune de faire preuve de prudence, alors que les gens de moins de 40 ans représentent désormais la plus large partie des patients. Il a mis en garde que ces derniers pouvaient propager le virus et que la jeunesse ne protégeait en aucun cas de maladie grave. "Les jeunes gens ne devraient pas penser qu'ils sont invulnérables à des conséquences graves... Ils peuvent être très malades", a insisté M. Fauci

Interrogé sur sa vision de la situation, il a conclu que "l'état actuel n'est vraiment pas bon" aux USA. Entre temps, le gouverneur de New York Andrew Cuomo a à nouveau vivement critiqué l'approche de la pandémie de coronavirus par le président Donald Trump. Sans porter de masque en public et sans admettre le danger de la pandémie, "il facilite (la propagation, NDLR) le virus", a pointé le gouverneur à l'adresse du milliardaire new-yorkais.

L'Iran annonce un nouveau record avec 200 morts en 24 heures

Les autorités iraniennes ont annoncé mardi un nouveau record de morts provoqués par le nouveau coronavirus, avec 200 décès en une journée. "Malheureusement, au cours des 24 dernières heures, nous avons perdu 200 de nos compatriotes, ce qui porte le nombre total de victimes (du virus) à 11.931", a indiqué à la télévision d'Etat Sima Sadat Lari, porte-parole du ministère de la Santé

"Inquiétude" en Catalogne

Le nombre de contaminations a aussi connu un embrasement en Inde, qui a annoncé lundi avoir recensé un total de près de 700.000 cas de Covid-19, ce qui en fait la troisième nation la plus touchée derrière les Etats-Unis et le Brésil. Le bilan humain est toutefois bien moindre, avec 20.160 décès.

La propagation du virus est particulièrement virulente dans les grandes villes de Bombay, Delhi et Chennai.

Pour faire face à l'afflux de malades, la capitale indienne a ouvert un centre d'isolement d'une capacité de 10.000 lits, pour certains en carton, dans un hall normalement dédié aux rassemblements religieux, et réquisitionné des hôtels et salles de réception. D'autres agglomérations ont ordonné des mesures de reconfinement.

La tendance demeure également inquiétante dans plusieurs pays d'Amérique latine. Le Chili a franchi le seuil des 10.000 morts et la Colombie celui des 4.000 morts.

Le Brésil a enregistré 620 morts supplémentaires en 24H dimanche. Pour autant, Sao Paulo rouvre ses bars et restaurants, et le port du masque n'est plus obligatoire dans les prisons surpeuplées.

Le président brésilien Jair Bolsonaro a par ailleurs annoncé à CNN Brésil qu'il présentait certains symptômes du nouveau coronavirus et qu'il s'était soumis à un test, dont les résultats seront connus mardi.

Et la ministre bolivienne de la Santé Eidy Roca a été hospitalisé pour des "complications dues au Covid-19".

Plus de cinq millions de personnes ont reçu mardi l'ordre des autorités locales de rester confinées à Melbourne, la deuxième ville d'Australie, à la suite d'une flambée des cas de nouveau coronavirus. Ce confinement prendra effet à compter de minuit dans la nuit de mardi à mercredi pour une durée d'au moins six semaines, a indiqué le Premier ministre de l'Etat de Victoria, Daniel Andrews.

L'Europe, où l'évolution de la pandémie semble maîtrisée, s'inquiète tout de même d'une résurgence des cas, conduisant la mise en place de nouvelles restrictions locales.

Lundi, le Kosovo a décidé de réintroduire un couvre-feu dans la capitale Pristina et trois autres villes.

En Espagne, les autorités sanitaires se disent "très préoccupées" par la reprise de l'épidémie dans une région de 200.000 habitants en Catalogne (nord-est), soumise à des mesures d'isolement samedi, à l'instar d'une autre région côtière en Galice.

Certains foyers de contaminations en Espagne "atteignent des niveaux bien au-delà que ce qui est souhaitable", a déclaré l'épidémiologiste en chef du ministère de la Santé, Fernando Simon.

Chine: zéro nouveau cas à Pékin, une première depuis juin

Pékin a annoncé mardi zéro nouveau malade du Covid-19 sur les 24 dernières heures dans la capitale chinoise, une première depuis un rebond épidémique le mois dernier qui a avivé les craintes d'une deuxième vague.

Un total de 335 personnes ont contracté la maladie depuis la découverte d'un foyer de contamination début juin dans un marché de gros du sud de la ville. La commission municipale de la santé a indiqué mardi avoir uniquement recensé un nouveau porteur asymptomatique du coronavirus. Les autorités tentent toujours de déterminer les causes du rebond épidémique. Un responsable du marché incriminé, celui de Xinfadi, avait indiqué que le virus avait été détecté sur des planches servant à découper le saumon importé. L'annonce avait déclenché une campagne de contrôle de la chaîne d'approvisionnement en aliments de la capitale et jeté un temps la suspicion sur le poisson et les produits de la mer. Depuis le 11 juin, la mairie a fait dépister plus de 11 millions de personnes, soit environ la moitié de la population de Pékin, ont indiqué lundi des responsables municipaux lors d'une conférence de presse.

Des centaines de milliers de personnes en moyenne se pressaient chaque jour dans des stades ou des parcs pour se faire dépister. Pour empêcher la diffusion du virus, les autorités avaient confiné plusieurs dizaines de zones résidentielles. Ces restrictions sont progressivement levées depuis quelques jours. Et les Pékinois qui habitent dans des zones à "faible risque" peuvent désormais sortir des frontières municipales librement. La situation épidémique dans la ville "se stabilise et s'améliore", a déclaré lundi à la presse Pang Xinghuo, vice-directrice du Centre municipal de contrôle des maladies. La Chine, où le nouveau coronavirus a fait son apparition fin 2019, a largement endigué l'épidémie et n'a plus enregistré de morts depuis un mois et demi.

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Melbourne, la deuxième ville d'Australie, à nouveau confinée

Plus de cinq millions de personnes ont reçu mardi l'ordre des autorités locales de rester confinées à Melbourne, la deuxième ville d'Australie, à la suite d'une flambée des cas de nouveau coronavirus.

Ce confinement prendra effet à compter de minuit dans la nuit de mardi à mercredi pour une durée d'au moins six semaines, a indiqué le Premier ministre de l'Etat de Victoria, Daniel Andrews.

Cette annonce a été faite alors que cette ville du sud-est de l'Australie a fait état de 191 nouveaux cas en 24 heures, ce qui rend difficile le traçage des contacts des personnes infectées par le virus.

"Ce sont des chiffres qui ne peuvent pas durer", a-t-il souligné.

Tout en reconnaissant que "personne ne souhaitait se retrouver dans une telle situation", il a estimé que "cela sera très difficile" pour la population.


La plupart des élèves suivront à nouveau un enseignement à distance, tandis que les restaurants et les cafés ne pourront plus servir que des plats à emporter.

Selon lui, il s'agit de la seule alternative possible car sinon, "potentiellement", il y aura "des milliers et des milliers de cas" supplémentaires, a-t-il déclaré à la presse.

La majorité des nouveaux cas quotidiens sont désormais recensés à Melbourne, tandis que la plupart des autres régions bénéficient d'un assouplissement des mesures.

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Bali veut rouvrir aux touristes

En Indonésie, pays d'Asie du Sud-Est qui connaît le plus lourd bilan (65.000 personnes infectées et 3.241 morts), l'île de Bali veut rouvrir en septembre aux touristes internationaux.

"Nous devons continuer à faire tous les efforts pour gérer au mieux le Covid-19, et en même temps reprendre nos activités pour le bien de la communauté", a déclaré le gouverneur de Bali Wayan Koster.

Autre pays dépendant du tourisme, le Kenya reprendra ses vols internationaux et nationaux le 1er août.

La Grèce, qui avait reçu en 2019 quelque 3,5 millions de touristes Britanniques, a elle annoncé lundi le retour des vols directs depuis le Royaume-Uni le 15 juillet malgré les critiques, le pays de Boris Johnson essuyant le plus lourd bilan européen et le 3e au niveau mondial.

Le monde de la mode cherche également à s'adapter: la Fashion week de Paris s'est ouverte lundi pour la première fois de son histoire sans défilé. Chaque maison dévoilera sa collection dans une vidéo diffusée pendant son créneau.

Le nouveau coronavirus a fait au moins 536.138 morts dans le monde depuis fin décembre, selon un bilan établi par l'AFP lundi.

La liste des médicaments potentiels, elle, se réduit toujours un peu plus: après l'hydroxychloroquine, les essais cliniques européens Solidarity et Discovery ont également abandonné le traitement lopinavir/ritonavir, jugé inefficace et suspecté d'effets indésirables.