L’histoire retiendra que les Etats-Unis ont notifié leur décision de quitter l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le 8 juillet, alors qu’ils étaient de loin le pays le plus touché au monde par la pandémie de Covid-19, autant en nombre de cas que de morts.

La pandémie s’écarte des grandes villes de l’Est des Etats-Unis, mais frappe désormais plusieurs Etats du sud et de l’Ouest, de la Floride jusqu’en Californie, en passant par le Texas, la Louisiane, l’Alabama ou le Mississipi.

En une seule journée, les Etats-Unis ont connu 60 000 nouveaux de cas de contamination, ce qui porte à plus de trois millions le nombre d’Américains infectés. Les Etats-Unis sont aussi le pays le plus endeuillé, avec près de 132 000 morts.

Néanmoins, le président Trump a signifié au secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres, la décision de son gouvernement de se retirer de l’OMS, qu’il accuse d’avoir mal géré la crise du coronavirus et de s’être trop alignée sur les positions de Pékin.


C’est un coup dur pour l’OMS : Washington injecte chaque année près de 400 millions de dollars, soit 15 % du budget de l’organisation . Mais la sortie de l’OMS n’aura lieu que dans un an. D’ici là les élections présidentielles auront lieu aux Etats-Unis et le candidat démocrate, Joe Biden, a déjà assuré qu’il annulerait cette décision s’il était élu le 3 novembre. “ Le Premier jour de ma présidence, je rejoindrai l’OMS et réaffirmerai notre leadership mondial”, a-t-il écrit sur Twitter.

Le Mexique voisin, qui a enregistré plus de 32 000 morts, est lui aussi très impacté, mais au nord, le Canada, peuplé de seulement 37 millions d’habitants, semble avoir échappé au plus fort de la tourmente, avec près de 9000 morts.

Pour l'OMS, le pic de la pandémie n'est pas encore atteint. Il a fait actuellement plus de 545 000 morts dans le monde.

Un virus transmissible dans l’air

Dans plusieurs pays du monde, les autorités prennent conscience de la volatilité du virus et de sa capacité à rester un certain temps en l’air avant de retomber à terre. Interpellée par 239 scientifiques lundi, dont des ingénieurs, l’OMS reconnaît désormais qu’il y a des “preuves croissantes” que le virus, toujours méconnu, puisse être transmis dans les milieux peu ventilés et bondés bien au-delà de la distance symbolique d’un mètre et demi.

D’où l’importance du masque, et si en Belgique, celui-ci n’est toujours pas imposé dans les magasins, en Catalogne, les autorités régionales annoncent que le port du masque sera imposé dès jeudi dans les espaces en plein air, même si le distance d’un mètre et demi peut être respectée. La décision s’explique par la résurgence du virus dans la ville de Lérida, où plus de 200 000 personnes ont été reconfinées.

Des reconfinements à la carte

Car il y a les pays qui n’ont jamais fait plier totalement le virus, comme les Etats-Unis et l’Iran, il y a aussi ceux qui se battent contre les clusters, les foyers de résurgence. L’Espagne, l’Allemagne, le Portugal, l’Australie, le Maroc notamment ont réimposé des confinements limités sur une base géographique tandis que d’autres, comme l’Ouzbékistan réinstaurent des mesures générales, comme la fermeture des restaurants et des commerces non alimentaires.

Parfois, ces reconfinements englobent des zones urbaines importantes. C'est le cas en Australie où près de cinq millions d'habitants de Melbourne sont reconfinés pour six semaines. Les habitants ne pourront plus sortir de chez eux que pour travailler, faire de l'exercice ou aller chercher de la nourriture dans les magasins. Les restaurants ne peuvent plus que fournir des repas en take-away.

Les décisions sont prises à l’échelle nationale ou régionale. L’Ecosse a par exemple décidé d’imposer la quarantaine à tous ceux qui viennent d’Espagne et de Serbie. La France prévoit un “ reconfinement ciblé” en cas de deuxième vague, a annoncé son Premier ministre Jean Castex. " On ne supporterait pas économiquement et socialement un reconfinement absolu et généralisé comme nous l'avons vécu", a souligné Jean Castex, qui s'envolera dimanche pour la Guyane, le département français le plus touché par la pandémie.