L'Institut Américain de Physique s'est penché sur les conséquences des interruptions de vaccination à l'aide de l'AstraZeneca. Pour ce faire, l'étude a utilisé des données de la situation épidémiologique en France et en Italie, qui ont toutes les deux arrêté temporairement d'utiliser ce vaccin dans leurs campagnes de vaccination après que des cas de thromboses aient été signalés en Europe. La Belgique avait quant à elle décidé de poursuivre la vaccination avec l'AstraZeneca estimant que les bénéfices étaient plus importants que les risques, ce qui a été depuis confirmé par l'Agence européenne des médicaments (EMA).

Cette nouvelle étude est claire quant à l'impact de ces arrêts temporaires en France et en Italie : "Les résultats ont montré que la surmortalité due à l'interruption de la vaccination était bien supérieure à celle due aux thromboses. Et cela même dans les pires scénarios en termes de fréquence et de gravité des effets secondaires du vaccin". Elle avance ainsi que la différence de surmortalité entre les interruptions et les effets secondaires du vaccin était au moins d'une puissance de dix.

Un effet en cascade

Les chercheurs américains concèdent qu'il s'agit de premiers résultats et qu'une collecte de donnée et une modélisation plus détaillées sont encore nécessaire. "Néanmoins, cela montre que les avantages de continuer à vacciner avec AstraZeneca l'emportent largement sur les risques qui y sont associés." Ils insistent ainsi sur le fait que les effet de cette pause se ressentent encore après que la vaccination avec l'AstraZeneca ait reprise. "Il sera difficile de contrebalancer l'effet de la pause", commentent-ils après avoir souligné que les personnes n'ayant pas été vaccinées durant ces interruptions ont pu en contaminer beaucoup d'autres... alimentant un mécanisme d'effets en cascade. "Ce processus ne peut s'arrêter qu'avec un grand nombre de vaccinations quotidienne. Cela demande des efforts difficiles à réaliser pour le moment...".

Finalement, les scientifiques à l'origine de cette étude jugent également que leurs estimations sont plus "positives" que la réalité, car pour qu'elles soient exactes, "il faudrait encore prendre en compte la confiance du public dans les vaccins qui a été réduite par ces même arrêts".