"En conséquence, cela signifie un coût supplémentaire important pour notre assurance soins de santé et invalidité", déclare la vice-présidente de la mutualité, Élisabeth Degryse. "En effet, dès qu'une variante générique est disponible, le prix de revient du médicament d'origine baisse également de manière significative".

Des variantes génériques peuvent arriver sur le marché des médicaments biologiques après l'expiration du monopole. Compte tenu de leur origine biologique, elles ne sont pas identiques à 100% au médicament d'origine. Dans ce cas on parle de biosimilaires. Ces médicaments sont cependant aussi efficaces et sûrs que les médicaments biologiques originaux. De plus, l'arrivée d'un biosimilaire engendre des prix moins élevés aussi bien pour le médicament biologique que pour la nouvelle variante générique, la baisse des prix pouvant atteindre jusqu'à 40%.

Les médicaments biosimilaires ne sont pourtant pas assez prescrits dans notre pays, soutient la MC, qui a mené des recherches sur les médicaments biologiques les plus couramment utilisés, dont au moins un biosimilaire est sur le marché en Belgique. "Parmi tous les membres de la MC qui ont eu au moins un remboursement pour l'un de ces médicaments en 2019, seuls 9% ont reçu une variante générique", détaille le communiqué. "En l?occurrence, notre pays obtient des résultats nettement moins bons que la plupart des grands pays européens tels que la Grande-Bretagne, la France ou l'Allemagne."

Les médicaments biosimilaires ne sont par ailleurs pas encore bien établis dans les hôpitaux, précise la mutualité. Sur les 112 hôpitaux prescrivant l'un des produits biologiques étudiés en 2019, 24 n'ont jamais opté pour un biosimilaire.

"Comme ils sont encore trop rarement utilisés, il n'est souvent pas intéressant pour un producteur de biosimilaires d'entrer sur le marché belge", avance la MC, qui plaide pour des quotas pour les médecins qui prescrivent des médicaments biologiques. "Avec l'argent que nous économiserions ainsi, nous pourrions rembourser d'autres médicaments", assure Mme Degryse.