Afin d'accélérer la stratégie de vaccination contre le coronavirus, l'une des solutions proposées a été de retarder l'injection de la seconde dose du vaccin Pfizer normalement préconisée 21 jours après la première. Le Royaume-Uni a notamment décidé de la reporter 12 semaines plus tard. Cette décision a suscité la polémique, particulièrement auprès du personnel de la santé qui a majoritairement reçu le vaccin de cette firme pharmaceutique.

D'après une étude publiée hier, The Lancet affirme qu'il pourrait être possible de se passer de la seconde dose du vaccin dans le cas d'infections préalables à la Covid-19. En effet, dans ce cas précis, une dose unique génèrerait des réponses immunitaires et cellulaires suffisantes pour lutter contre le coronavirus.

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont étudié, entre le 23 et le 31 décembre derniers, les prélèvements sanguins de 72 travailleurs de la santé au moment de recevoir leurs premières doses du vaccin et 21 jours plus tard. Des preuves d'une infection passée étaient présentes chez 21 d'entre eux.

Il en ressort que les personnes qui avaient contracté le virus avaient généré de fortes réponses immunitaires et cellulaires après l'administration d'une seule dose du vaccin Pfizer, contrairement aux autres participants. Les résultats montrent que cette différence est particulièrement marquante chez les personnes de plus de 50 ans.

Selon The Lancet, il serait donc nécessaire de revoir les stratégies de vaccination et d'administrer les secondes doses en priorité aux personnes de plus de 50 ans, non contaminées au préalable.

Les experts réagissent à l'étude

Cette étude a notamment fait réagir plusieurs experts du milieu médical. Le virologue Bernard Rentier a ainsi confirmé sur Twitter qu'il était possible de se passer d'une seconde dose pour les personnes infectées: "À moins de se débarrasser de tout le savoir en immunologie virale accumulé pendant des décennies et de considérer que ce virus ne fait décidément rien comme les autres", explique-t-il et d'ajouter dans un deuxième message: "Et si on prend en considération les principes scientifiques de l’immunologie virale, on ne vaccine pas un séropositif 'naturel.'


De son côté, Leïla Belkhir, infectiologue aux Cliniques universitaires Saint-Luc, a déclaré que la Haute Autorité de santé en France avait également décidé qu'une seule dose était suffisante. En Belgique, cependant, ce choix n'a pas été adopté.


Catherine Fonck, députée et cheffe de l’opposition cdH à la Chambre des Représentants mais également médecin, a déclaré avoir déjà plaidé en ce sens auprès des ministres mais que sa démarche n'avait pas été reçue favorablement. Par ailleurs, elle estime qu'il est nécessaire de "cesser de stocker d'énormes doses comme c'est le cas aujourd'hui": "Il est vital pour tous de protéger le plus vite possible les plus fragiles."