"Avec les résultats positifs des essais sur les vaccins ces dernières semaines, la lumière au bout du tunnel se fait de plus en plus intense", a-t-il lancé au second jour de cette réunion en partie virtuelle. "Nous commençons à apercevoir la fin de la pandémie" qui a déjà contaminé plus de 65 millions personnes, dont plus de 1,5 million sont mortes, a-t-il ajouté.

"Mais soyons clairs: nous ne pouvons tout simplement pas accepter un monde dans lequel les pauvres et les marginalisés sont piétinés par les riches et les puissants dans la ruée vers les vaccins", a martelé l'Éthiopien.

"C'est une crise mondiale et les solutions doivent être partagées comme des biens publics mondiaux, pas comme des propriétés privées qui creusent les inégalités", a-t-il poursuivi, avant d'insister: "Personne ne doit être laissé de côté".

Le patron de l'OMS a insisté sur l'importance de la couverture santé universelle, mise en évidence selon lui par la crise actuelle qui a poussé de nombreux pays à prendre en charge, sur fonds publics, le coût des tests, des traitements et du futur vaccin.

"Ils ont reconnu que la capacité de payer ne devait pas être le facteur déterminant entre la maladie et la santé, entre la vie et la mort. Cela ne devrait-il pas être aussi le cas pour le cancer, les maladies cardiaques, le VIH, la tuberculose ou le paludisme?", a-t-il demandé.

Comme le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres la veille, Tedros Adhanom Ghebreyesus a enfin mis en garde contre l'idée que le vaccin résoudrait tous les problèmes.

"Il ne va pas effacer les vulnérabilités qui sont à la racine de la pandémie. Il n'y a pas de vaccin contre la pauvreté, pas de vaccin contre la faim. Il n'y a pas de vaccin contre les inégalités, il n'y a pas de vaccin contre le changement climatique", a-t-il prévenu. "Quand la pandémie sera terminée, nous nous trouverons confrontés à des défis encore plus grands qu'avant son début."