Début juillet, la Croix-Rouge tirait le signal d’alarme en raison du niveau critique atteint par ses stocks de poches de sang, lançant un appel à la population afin que des volontaires se manifestent sans tarder. Trois semaines plus tard, la situation s’est améliorée, mais elle n’est cependant pas encore idéale, souligne Thomas Paulus. Pour pouvoir assurer la demande des hôpitaux, la Croix-Rouge doit normalement disposer de 3000 poches de sang tous les lundis pour entamer la semaine, elle doit donc en moyenne prélever 600 poches par jour, explique le porte-parole de la Croix-Rouge de Belgique. “Mais à l’approche des vacances d’été, nous devons chaque année constituer un stock un peu plus important de 5500 à 6000 poches pour pouvoir garantir les besoins. On sait en effet par expérience qu’il y aura moins de donneurs disponibles et donc moins de prélèvements durant cette période. Nous constituons donc un surstock qui va ensuite se réduire de semaine en semaine, mais qui nous permet généralement de disposer de la marge nécessaire pour tenir jusqu’à la mi-août. On relance alors habituellement un appel via la presse.”

L’effet Covid-19

Mais 2020 n’est pas vraiment une année comme une autre. Si l’épidémie de coronavirus n’a pas eu d’influence directe sur les besoins en transfusions sanguines, elle n’en a pas moins chamboulé les collectes. “Quand les hôpitaux ont activé leurs plans d’urgence, ils ont reporté toute une série d’interventions, ce qui a eu pour effet de réduire la demande. Et heureusement car les dons de sang ont fortement chuté durant cette période. Nous avons dû annuler plus de 350 collectes sur trois mois et, même si nous avons pu compenser les choses en organisant certaines collectes dans des endroits sécurisés, on s’est retrouvé avec un déficit de 15 000 poches non prélevées qui pèse énormément sur l’état de nos stocks.”

Depuis l’appel lancé le 6 juillet, la situation s’est un peu redressée, puisque ces stocks ont atteint un niveau de 3200 à 3300 poches par semaine, précise M. Paulus, mais les perspectives n’en restent pas moins très incertaines. “Si l’on n’a pas de mauvaises surprises, on pense pouvoir tenir au mieux jusqu’à la mi-août. Mais 1000 poches en plus seraient bienvenues car les hôpitaux ont repris les interventions et les transfusions qui avaient été postposées et nous observons une demande un peu supérieure à la moyenne habituelle en cette période. Nous avons également dû prendre certaines mesures qui ont un impact sur les collectes ; notamment la limitation de ces opérations de prélèvement à quatre personnes en même temps au lieu de six. Même si nous avons élargi les plages horaires, moins de donneurs viennent. En outre, avec le reconfinement partiel qui vient d’être annoncé, les gens vont à nouveau avoir tendance à rester davantage chez eux.”