Elle a été victime d’un “choc toxique” diagnostiqué trop tard.

C’est un terrible drame qui a touché une famille de Somzée (Walcourt) la semaine dernière. Maëlle, 17 ans, a perdu la vie jeudi après avoir été victime d’un “choc toxique” provoqué par un tampon hygiénique. “Notre Maëlle, 17 ans et grande sportive, pleine de vie et de projets, vient de nous quitter en moins de 48 heures dû à ce choc toxique de ses tampons. Elle avait été vue 5h après les premiers symptômes par un médecin de garde. C’est inacceptable. Maëlle connaissait le danger et était doublement vigilante. Ça ne l’a pas épargnée… Et non, ça n’arrive pas qu’aux autres. Alors, svp chères filles, chères dames, réfléchissez à vos protections et surtout partagez un maximum. Informez, pour que le décès de Maëlle puisse en empêcher d’autres”, a commenté Laurence, la maman de la victime, sur les réseaux sociaux.

Le syndrome du choc toxique (SCT) est une forme particulière de choc septique (forme grave de septicémie caractérisée par un état de choc), causé par le staphylocoque doré.

Selon nos confrères de la Nouvelle Gazette qui ont pu contacter la maman, les premiers symptômes remontent à lundi dernier en soirée après un entraînement à la salle de sport. Selon Laurence, Maëlle a commencé à faire de la fièvre, à être victime de vomissements. Des symptômes qui laissaient penser à une gastro. Mais il n’en était rien. Le lendemain, la fièvre était plus intense encore. Le médecin de garde, contacté tôt dans la matinée, a lui aussi relevé les symptômes de la gastro-entérite et a prescrit un traitement en ce sens. Mais malgré la médication, l’état de santé de l’adolescente ne s’est pas amélioré. Au contraire. Ce qui a contraint la famille à appeler une ambulance. En milieu hospitalier, le même diagnostic que ceux précédemment faits a été réalisé, à savoir la gastro-entérite. Maëlle souffrait également de déshydratation. Mais malgré ce nouveau traitement, son état de santé de Maëlle ne s’améliorera pas. Elle sera transférée vers un autre hôpital, aux soins intensifs où, enfin, le choc toxique sera diagnostiqué. Mais il était déjà trop tard pour la jeune fille de 17 ans qui succombera un peu plus tard à cette infection.

En relatant cet événement tragique, Laurence souhaite informer la population sur les risques liés à l’utilisation des tampons hygiéniques. Y compris les professionnels du secteur de la médecine.

“Il n’y a pas de symptômes spécifiques”

En 30 ans de carrière, Michel Bafort, responsable du service gynécologique de l’hôpital AZ Alma, n’avait jamais vu un tel drame. “Pourtant, on sait que ça existe. On nous l’enseigne en amont mais c’est vraiment très rare comme phénomène et il n’y a pas de symptômes spécifiques, ce qui explique qu’on n’y pense pas tout de suite au niveau du diagnostic”.

D’ailleurs, concrètement, à quel moment et comment se manifeste un choc toxique ? “Cela peut se produire quand un tampon reste trop longtemps dans le vagin. C’est une zone du corps chaude et humide avec du sang qui circule aux alentours. C’est donc un endroit sensible et où les bactéries prolifèrent rapidement et facilement. Et quand le tampon n’est pas changé assez vite, si on manque d’hygiène, cela provoquer un développement de la bactérie, et le sang ne pourra donc pas s’évacuer correctement”, indique-t-il. Une fois que les bactéries se sont développées et que le choc toxique s’opère, ce n’est pas toujours fatal mais il faut agir au plus vite, “c’est un choc et comme tout choc, c’est très brutal, il laisse donc très peu de temps aux équipes médicales”. Alors que faire pour éviter que ce genre de drames ne se produisent ? “La meilleure chose à faire, c’est déjà de l’enlever au plus vite quand on a des suspicions. Ensuite, je crois qu’il faut conseiller aux femmes de changer leur tampon le plus régulièrement possible”, conclut Michel Bafort.