Le professeur continue de recommander l'usage de l’hydroxychloroquine comme traitement du coronavirus, alors que plusieurs études prouvent son inefficacité.

Ce mercredi, Didier Raoult sera entendu par la commission d’enquête sur le Covid-19 en France, où il compte bien continuer à promouvoir l’hydroxychloroquine pour lutter contre le coronavirus. Le professeur a d'ailleurs plusieurs partisans de son côté. Dans une récente interview pour Le Parisien, il a souhaité réaffirmer sa position sur le sujet. " J’ai traité plus de 3 700 patients avec ce médicament. 0,5 % de mortalité, pas de toxicité cardiaque. (...) On a voulu le diaboliser", déclare-t-il. Didier Raoult va même encore plus loin, allant jusqu'à affirmer que "dans ce pays (ndlr: la France), on adore décapiter les gens."

De fait, l’hydroxychloroquine est interdite en France depuis le 28 mai dernier, mais le professeur a réussi à obtenir le droit de l’utiliser par la direction générale de la santé. Pourtant, les résultats des études Recovery et Discovery, démontrent que le médicament n'a aucun effet bénéfique pour les malades du Covid-19. L'OMS avait d'ailleurs en mai dernier suspendu ses essais cliniques avec l’hydroxychloroquine qu’elle mène avec ses partenaires dans plusieurs pays, tandis que la prestigieuse revue anglaise The Lancet avait carrément jugé le traitement néfaste pour les patients. Face à ces résultats, Didier Raoult reste stoïque: "ce sont des ignares qui n’ont pas administré les bonnes doses aux patients".

"Une couillonnade"

Plus récemment, un médicament de la famille des stéroïdes, la dexaméthasone avait livré des effets prometteurs. Ce dernier a réussi à réduire d'un tiers la mortalité chez les malades les plus gravement atteints par le Covid-19. Mais selon le professeur, le traitement ne serait qu'une "couillonnade". "Contre l’inflammation, tout le monde donne des corticoïdes. Ça n’aurait jamais dû faire partie d’une étude en soi", a-t-il déclaré.

Didier Raoult va même encore plus loin, expliquant que selon lui entre 40 et 70% de la population était naturellement immunisée contre le Covid avant le début de l’épidémie. "Ce qui est sûr, c’est qu’en parlant d’immunité naturelle, je vais me faire allumer par les labos qui travaillent sur les vaccins (...) statistiquement, il est improbable qu’un vaccin soit disponible", avoue-t-il.

La commission d’enquête de l’Assemblée sur le Covid-19 de ce 24 juin a pour but de mettre en lumière les défaillances dans la gestion de la crise due au coronavirus en France. Comme plusieurs autres experts, Didier Raoult a reçu une convocation obligatoire et sera auditionné sous serment.