L'épidémiologiste a, à son tour, jugé problématique l'attitude des fêtards qui se sont regroupés en nombre ce week-end. 

Les images des grands rassemblements clandestins de ce week-end ont inquiété les experts. Multipliant les avertissements, Marc Van Ranst, Erika Vlieghe et Yves Van Laethem ont demandé à ce que la population continue à respecter les mesures sanitaires. Les tendances positives en Belgique ont toutefois donné l'impression à une partie de la population que l'épidémie était derrière elle. "On voit bien que la transmission est beaucoup plus basse, on est moins sous pression, a estimé l'épidémiologiste Marius Gilbert (ULB). Donc cela ne me surprend pas surtout pour des jeunes qui ont envie de faire la fête."

S'il s'est montré compréhensif quant à l'attitude des fêtards, l'expert membre du GEES (groupe chargé du déconfinement en Belgique) l'a tout de même jugée "problématique". "Ça peut être de nature à relancer la transmission dans ces populations-là et par extension dans des populations plus âgées, a continué le scientifique. Ça reste un danger, parce que ce sont des événements dans lesquels il peut y avoir une super contagion ou une personne peut en infecter un grand nombre."

Ce relâchement de la population quant aux mesures sanitaires se constate également dans la façon dont les Belges abordent désormais le port du masque. Selon Marc Van Ranst, il se fait de plus en plus rare, surtout dans les magasins, alors que leur fréquentation augmente de jour en jour. Inquiet quant à cette observation, le virologue a suggéré que soit rendu obligatoire le port de cette protection dans les centres commerciaux et les magasins. Une proposition que ne soutient pas forcément Marius Gilbert. "Le problème, si on rend le port du masque obligatoire, c’est que vous vous exposez à ce qu’on se retrouve à mettre des amendes à quelqu’un qui a oublié un masque, où on commence à pénaliser la question, a-t-il argumenté sur Bel RTL. C'est pour cela que qu'on préfère qu'il soit fortement recommandé." 

Une seconde vague plus graduelle

Mais l'expert membre du GEES a tout de même convenu que le masque constituait un outil important dans la lutte contre le coronavirus qui allait encore prendre de l'ampleur dans les semaines à venir. "Je pense que c’est un instrument (NDLR: un usage plus systématique des masques dans des circonstance où vous êtes à l'étroit avec d'autres personnes) vers lequel on va aller dans les prochaines semaines, parce qu’en fait il est assez souple à mettre en œuvre, tout en maintenant une vie un peu plus normale", a décrété M. Gilbert.

Quant à une possible reprise de l'épidémie au vu du relâchement constaté dans le pays, l'épidémiologiste a estimé qu'elle ne se ferait pas de façon rapide. "Cela ne va pas être quelque chose de brutal comme la première vague, cela va être graduel, a conclu le scientifique. Le nombre de personnes infectées, hospitalisées qui redémarre lentement et qui laisse la possibilité d’intervenir. Mais si on n’intervient pas, si on ne prend pas des mesures de prévention au moment où ça redémarre, cette deuxième vague peut remonter et atteindre des chiffres plus importants."