L'ex-pilote de Formule 1 a été admis dans un hôpital parisien lundi. Le professeur Ménasché, chirurgien pionnier de la thérapie cellulaire cardiaque est à ses côtés. On parle de "perfusions de cellules-souches". Explications.

Michael Schumacher est arrivé hier, lundi, à l’Hôpital européen Georges-Pompidou, dans le 15e arrondissement de Paris. Un transfert ultra-secret depuis la Suisse où il réside avec sa famille. Le journal Le Parisien, très bien informé, croit savoir qu’il est pris en charge par le professeur Philippe Ménasché, un chirurgien cardiaque réputé mondialement et pionnier de la thérapie cellulaire pour soigner l’insuffisance cardiaque. On a également vu dans la soirée arriver le professeur Gérard Saillant, le chirurgien qui a suivi le champion de Formule 1 depuis son grave accident le 29 décembre 2013.


De plusieurs sources ces derniers mois (dont Jean Todt, son fidèle ami resté en contact constant avec Schumi et sa famille), Michael Schumacher va mieux, il ne serait plus obligé de rester constamment alité. Ce n’est pas la première fois que l’Allemand est transféré à Paris, à l’hôpital européen Georges Pompidou. Il y a déjà été admis deux fois en toute discrétion en 2019. Selon les informations du journal parisien, "l'ex champion bénéficie de perfusions de cellules-souches qui sont diffusées dans l'organisme afin d'obtenir une action anti-inflammatoire systémique, c'est-à-dire dans tout l'organisme". Aucun médecin n’a voulu répondre aux sollicitations des journalistes pour avoir des explications.

Qu’est-ce qu’une cellule-souche ? 

Le professeur Zachée de la Croix Rouge belge explique que c’est "une cellule capable de se transformer en un autre type de cellule. La cellule souche est à l’origine de la naissance et du développement d’organismes vivants. Elle veille aussi au renouvellement de certaines cellules à la durée de vie limitée dans notre corps."

En début d’année, le professeur Ménasché revenait sur France-Culture sur ses travaux qui l’on conduit à pouvoir greffer des cellules souches cardiaques et les enjeux à venir de la thérapie cellulaire. "A l'état embryonnaire du corps humain, les cellules du cœur prolifèrent, puis, quelques semaines après la naissance, les mécanismes en charge de la différenciation et de la prolifération des cellules cardiaques s'arrêtent. [...] L'un des enjeux de la thérapie cellulaire aujourd'hui est d'essayer de réveiller ces mécanismes qui existent toujours dans le cœur à l'état latent, de manière à leur permettre précisément de redonner naissance à de nouvelles cellules pour remplacer celles qui sont mortes".

Sans présumer du traitement donné au septuple champion du monde de Formule 1, on peut dire que les recherches sur les cellules-souches se multiplient et sont sans cesse plus prometteuses. Depuis des décennies, des scientifiques ont fait des recherches sur les cellules souches adultes notamment pour développer des organoïdes, c’est-à-dire des structures cellulaires modélisant un organe qu’ils souhaitent étudier. 

Ils ont ainsi développé in vitro, des cerveaux minuscules, à partir de ces cellules. D’ailleurs fin août, une activité électrique ressemblant à celle des humains sur ces mini-cerveaux, a été détectée. Alysson Muotri, biologiste à l’université de San Diego en Californie, a confirmé à l’AFP que ce fait n’était pas prouvé quelques années auparavant. "Si vous m’aviez demandé il y a cinq ans si je pensais qu’il serait possible qu’un organoïde cérébral développe un réseau sophistiqué capable de générer des oscillations, j’aurais dit non", a-t-elle affirmé. Ces résultats pourront permettre des recherches pour étudier des maladies neurologiques complexes.