Un lockdown plus ciblé pourrait être envisagé si on assistait à un rebond épidémique. 

Ce samedi a pris fin une tendance observée depuis plusieurs semaines en Belgique. Notre pays a ainsi vu repartir à la hausse le nombre de nouvelles contaminations au coronavirus. Alors que la moyenne des infections rapportées quotidiennement se situait aux alentours des 87 vendredi, elle a grimpé à 92 le lendemain. Une augmentation qui n'est certes pas immense, mais qui met un terme au cycle qu'a adopté le Royaume, depuis plusieurs semaines. "Visiblement, les chiffres les plus bas ont été atteints, a détaillé Steven Van Gucht, porte-parole interfédéral de la lutte contre le Covid-19, dans De Standaard. La question est désormais de savoir s'ils resteront stables ou s'il augmenteront à nouveau dans les semaines à venir."

Le fait que les chiffres ne baissent plus ne semble pas surprendre le chef du département des maladies virales de Sciensano. "Nous avions prévu cela, a-t-il déclaré. Tant que nous ne constatons pas de fortes augmentations jour après jour, ce n'est pas dramatique."

D'autres paramètres importants à garder à l'oeil

Même son de cloche du côté du virologue Marc Van Ranst (KULeuven). Celui qui est membre du GEES (groupe d'experts chargé du déconfinement) appelle à ne pas se focaliser sur le nombre d'infections, qui reste, qui plus est, assez bas. "Bien sûr, c'est un chiffre important à étudier, mais il y a encore d'autres paramètres que nous devons garder à l’œil, a-t-il estimé dans Het Nieuwsblad. Le nombre d'hospitalisations, par exemple. Ça a été un facteur fiable ces dernières semaines. Et nous n'assistons à aucune hausse à ce niveau-là pour le moment."

Maggie De Block avait évoqué ce dimanche la possibilité de renforcer les mesures. "Si ces indicateurs continuent à augmenter, nous devrons intervenir et nous le ferons", a expliqué la ministre de la Santé sur le plateau de l'émission Zevende Dag. Intervenir signifie renforcer les règles, et il ne s’agit pas seulement de rendre les masques buccaux obligatoires." De quoi craindre un retour au confinement ? M. Van Ranst n'irait pas jusque là. Selon le scientifique, les autorités seraient en mesure cette fois d'orchestrer un lockdown plus ciblé et non pas national. "Si vous pouvez situer une telle épidémie, il est par exemple possible de refermer les restaurants et cafés là-bas, ou d'être un peu plus strict en ce qui concerne les événements."