Les négociations reprennent, ce mardi 18 mai, concernant la mise en place d'un certificat sanitaire européen. Ce "passeport corona" permettrait à son détenteur de montrer patte blanche sur base de trois critères potentiels: soit il a été vacciné, soit il a réalisé un test PCR négatif, soit il est immunisé suite à une précédente infection. Pour le virologue Peter Piot, il ne fait aucun doute que certains pays "iront encore plus loin". "Je m'attends à ce qu'il y ait des restrictions pour ceux qui ne veulent pas se faire vacciner", a-t-il confié à nos confrères de Het Laatste Nieuws . "(...) Vaccination ou interdiction d'entrée."

Pour ce qui est des tests PCR, le conseiller spécial d'Ursula von der Leyen a espéré que leur coût pourrait faire changer d'avis les personnes ayant refusé de se faire vacciner. "Il faut espérer qu'elles en auront assez de payer à chaque fois et reviendront sur leur décision", a-t-il ajouté. "Il y aura toujours un groupe de personnes s'opposant à la vaccination, mais elles seront dans une certaine mesure en retrait par rapport au reste de la société." L'éminent scientifique, récemment nommé docteur honoris causa à l'UCLouvain, a insisté sur le fait que la vaccination était à la fois un acte "égoïste et altruiste". "Vous vous protégez, mais vous protégez aussi les autres", a-t-il argumenté.  

La catastrophe en Inde, "une leçon pour tous"

Celui qui réside actuellement en Angleterre s'est également prononcé sur un débat qui agite actuellement son pays d'adoption au sujet d'une éventuelle obligation pour les soignants de se faire vacciner. "Je pense que cette obligation est normale", a-t-il tranché auprès de HLN. "Ne doivent-ils pas remplir certains critères professionnels et éthiques pour travailler dans le secteur des soins de santé ? Il n'est donc pas justifiable - sauf pour raisons médicales, mais c'est rare - que des soignants refusent un vaccin qui protège leurs patients vulnérables. Cela concerne bien des vies humaines ?"  

Enfin, Peter Piot a appelé à la vigilance dans les assouplissements, même si la situation épidémiologique tend à s'améliorer dans de nombreux pays européens. "La catastrophe en Inde est une leçon pour tout le monde: ne pas crier victoire trop vite et ne pas se relâcher. Outre le variant indien, il était inévitable que ça tourne mal: ils pensaient que tout allait bien et ont organisé de grandes fêtes religieuses, des rassemblements électoraux massifs et des matchs sans précautions appropriées. Ici et aux Pays-Bas, on organise des essais prudents avec des événements tests, notamment pour le sport, la culture et la musique. C'est la bonne façon de faire."