Santé

Le manque d’antibiotique Clamoxyl IV dans les hôpitaux fait réagir le secteur et le politique.

En Belgique, de manière permanente, de nombreux médicaments sont indisponibles. Une indisponibilité souvent temporaire qui peut provenir d’un problème de production, d’une pénurie de matières premières, etc. La situation est connue et gérée tant bien que mal par les pharmaciens, y compris ceux des hôpitaux, qui recourent temporairement à d’autres produits.

Mais la situation s’est nettement aggravée ces derniers temps. Ce lundi, la liste des médicaments indisponibles publiée par l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé comportait pas moins de 497 produits, annonçait Le Soir. Parmi eux, le Clamoxyl IV, un antibiotique courant en milieu hospitalier. Le 8 juillet dernier, l’AFMPS et l’Inami ont en effet recommandé aux pharmaciens hospitaliers et aux médecins spécialistes d’utiliser de manière rationnelle cette poudre pour solution injectable et pour perfusion. Ce médicament produit par GSK, dont le principe actif est l’amoxicilline, n’est disponible que de manière limitée depuis mars 2019 en Belgique et cette situation devrait durer jusqu’à la fin 2019. En cause : une pénurie de matières premières qui contraint GSK à ne produire que 40 % de la quantité nécessaire.

Des astreintes journalières ?

Cette annonce n’est pas restée sans réaction. Dans Le Soir de lundi, un groupe d’universitaires et de responsables de pharmacies hospitalières poussait un coup de gueule en direction de l’industrie pharmaceutique, estimant qu’il était de sa responsabilité d’assurer une disponibilité suffisante des médicaments. Selon eux, ces indisponibilités, temporaires ou définitives, posent un gros problème de santé publique et il faut trouver une solution structurelle à cette situation.

Le PTB, de son côté, a appelé la ministre de la Santé publique à aller en justice pour forcer GSK à augmenter la disponibilité de ce médicament. "La ministre peut exiger de lourdes astreintes journalières tant que ce médicament reste indisponible", affirment les communistes. Une option que la ministre De Block n’envisage pas. Selon son cabinet, des mesures ont déjà été prises, l’AFMPS suit la situation de près et ester en justice ou exiger des astreintes n’aidera pas à résoudre la pénurie.