Malgré les inquiétudes liées aux cas de thromboses, l'OMS annonçait ce mardi que la balance risque/bénéfice penchait clairement en faveur du vaccin. Invité sur le plateau du JT de la RTBF, Cédric Hermans, hématologue aux Cliniques universitaires Saint-Luc (UCLouvain), a validé ce constat. "Il y a toujours un risque en médecine. Tout geste médical, toute intervention, toute prise de médicament s’accompagne de risques et ici on est à un risque qui est extrêmement faible."

Effectivement, ce vaccin peut permettre d'accélérer encore un peu plus la vaccination. Cependant, il peut également provoquer des cas rares de thromboses chez des patients qui ont reçu les doses du laboratoire suédo-britannique. Mais la proportion est très faible. En effet, un cas sur 100.000 vaccinés avec un total d’une centaine de cas observés dans toute l’Europe est évoqué.

Pour l'expert, la Belgique doit continuer de miser sur AstraZeneca. "Il s'agit de cas exceptionnels. C’est quelque chose qui n’a rien à voir avec ce qu’on a dans la population en général" estime-t-il.

Même si ces cas de thromboses sont très rares, cela n'empêche pas de se poser des questions. Notamment sur le style de thrombose que cela provoque. "Il faut reconnaître qu’on a observé des cas de thromboses qu’on ne voit pas habituellement. Elles touchent le système nerveux central et le tube digestif". Ces "mauvais caillots" de sang apparaissent aussi chez des personnes dont l’âge est sous la barre de 60 ans, qui ne sont "pas particulièrement disposées à ce type de thromboses".

Malgré ce questionnement légitime, il ne faut absolument pas douter du vaccin. "On a toujours intérêt à prôner la vaccination avec AstraZeneca. N’oublions pas qu’actuellement en Belgique, on a toujours près de 800 personnes aux soins intensifs avec un Covid sévère. Là-dedans, il faut s’attendre à plusieurs centaines de cas de thromboses donc largement supérieur à ce qu’on a pu constater en Europe jusqu’à maintenant."

Si Cédric Hermans se range donc du même côté que l'OMS, une adaptation de la stratégie n'est pas à exclure. "Il n’est pas exclu toutefois qu’on décide de limiter, comme c’est le cas dans certains pays, la vaccination dans certains groupes d’âge tenant compte qu’on n’a pas observé ce type de complication exceptionnelle au-delà de 60 ans. Mais on doit tenir compte de tous les éléments dont on dispose et les autorités sont en train d’y réfléchir. Il est nécessaire de garder raison et continuer la vaccination mais peut-être avec certaines précautions".