Alors qu'il avait été pointé du doigt il y a quelques mois pour son manque de transparence, le vaccin Spoutnik V développé par la Russie semble bel et bien être efficace contre le Covid. Selon une étude publiée par la revue médicale The Lancet et réalisée par des experts indépendants, le vaccin russe affiche de très bons résultats, même meilleurs que ceux d'AstraZeneca, le troisième vaccin validé par l'Europe.

Face à ces nouveaux rebondissements, l'Europe s'est dite ouverte à l'idée d'autoriser la mise sur le marché du vaccin russe, "à condition qu'il montre de la transparence et toutes ses données", a déclaré Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne. Comme les autres candidats, le vaccin russe devra donc se soumettre aux règles d'attribution de l'Agence européenne des médicaments (EMA). S'il passait ce test avec succès, certains pays comme l'Allemagne ont déjà dit que le vaccin russe "serait le bienvenu" chez eux. La Hongrie, elle, a d'ores et déjà misé sur ce vaccin pour immuniser sa population.

Pourquoi l'Europe n'a-t-elle pas commandé le vaccin russe?

On le sait, la Commission a conclu des contrats avec six fabricants de vaccins. Mais pourquoi n'a-t-elle pas choisi le candidat russe? Il y a en réalité trois raisons à cela.

La première est que "l'Europe a décidé de passer commande aux fournisseurs qui étaient les plus avancés dans leurs recherches", explique à BFM TV Cecil Czerkinsky, directeur de recherche en immunologie à l’INSERM. A l'époque des commandes - entre juillet et septembre - certains vaccins manquaient donc encore de données fiables.

Ensuite, il fallait aussi que les vaccins choisis puissent être produits en masse, en respectant les normes de qualité européennes. "L'Europe a donc décidé d'investir dans des produits développés par des producteurs connus pour leur respect des normes", explique Marie-Paule Kieny, virologue et experte en santé publique française, à la chaine française.

Enfin, pour qu'un vaccin puisse être évalué par l'Europe, le laboratoire qui le produit doit déposer un dossier auprès de l'Agence européenne des médicaments. Or, la Russie n'a déposé ce dossier que fin décembre.

Le vaccin russe pourrait-il arriver en Belgique?

Il est encore un peu tôt pour se prononcer étant donné que l'Agence européenne des médicaments (EMA) n'a pas encore remis son évaluation. Pour rappel, "parmi les critères de sélection", le fabricant du vaccin "doit avoir une capacité de production dans l'UE. "Le but est de s'assurer qu'on peut passer à des livraisons rapides le jour où le vaccin reçoit le feu vert de l'EMA", a souligné un porte-parole de la Commission européenne.

La Belgique, elle, ne s'est pas officiellement positionnée sur son désir (ou non) de bénéficier du vaccin russe pour renforcer sa compagne de vaccination.

© AFP