La Belgique compte à ce jour 1.143 décès liés à une infection au coronavirus. 578 personnes ont dû être hospitalisées ces dernières 24 heures. 55% des lits des soins intensifs sont désormais occupés. Emmanuel André, Steven Van Gucht, Yves Stevens et Benoît Ramacker sont revenus, au cours de la conférence de presse quotidienne du centre de crise national et du SPF Santé publique, sur les chiffres de ces derniers jours. Les experts ont tenu à apporter certaines précisions sur les données communiquées.

Un nombre important d'hospitalisations

Les mesures font effet. C'est ce qu'avaient déclaré le centre national de crise et le SPF Santé publique cette semaine. Le nombre d'hospitalisations reste toutefois important. "Il y a une raison à cela: d'une part, les mesures que nous avons prises ont visé à diviser la société en petits groupes, a détaillé Emmanuel André. Les mesures ont réduit la transmission entre ces groupes. Cela a un impact car petit à petit nous voyons le nombre de cas diminuer. Par contre, au sein de ces groupes (dans les maisons de repos par exemple), le virus peut continuer à se transmettre. Ce sont des choses qui sont plus difficiles à gérer. La transmission au sein de ces groupes est encore quelque chose à laquelle nous nous attaquons au quotidien".

Le beau temps ne doit pas encourager la population à passer outre les mesures

C'est le début des vacances de Pâques mais, malheureusement, beaucoup de projets organisés ne pourront pas avoir lieu à cause de la crise du coronavirus. "Nous n'avons pas le choix, c'est la seule façon que nous avons de garder cette crise sous contrôle, pour nous et pour les hôpitaux", a estimé Benoît Ramacker.

Le centre national de crise a impérativement demandé de respecter les mesures malgré le beau temps. "Courir, faire du vélo et se promener sont possibles, mais hors de question de prendre sa voiture pour aller dans une région aux paysages plus agréables", a-t-il rappelé."Tous les déplacements non-essentiels restent interdits. C'est indispensable dans les jours qui viennent de suivre les mesures". Les barbecues sont autorisés mais en famille à la maison. Il n'est pas permis d'inviter ses voisins ou ses amis.

Taux de mortalité différent selon les régions

Le taux de mortalité par habitant est supérieur en Wallonie et à Bruxelles, alors que le nombre de personnes testées est supérieur en Flandre. Un constat qui interpelle les observateurs mais auquel les spécialistes ne peuvent pas encore apporter d'explication. "Nous devons prendre du recul par rapport aux chiffres. Certaines informations arrivent avec du retard. Tirer des conclusions trop précoces peut nous mener à des constats erronés", a précisé Emmanuel André.

Patients traités à la chloroquine

Chaque jour, des centaines de personnes quittent l'hôpital. Parmi celles-ci, une partie importante reçoit des traitements dont fait partie la chloroquine. L'intérêt des études est de comparer la différence entre les patients traités avec la chloroquine et ceux qui sont traités autrement. "Nous ne pourrons tirer de conclusions que quand nous aurons le résultat de ces études, mais il est certain que l'impact n'est de ce médicament n'est ni nul ni à 100%", a estimé Emmanuel André.

Pic épidémique déjà passé ou non ?

Un débat existe actuellement au sujet du pic épidémique. Selon certains, il est déjà derrière nous. D'autres affirment qu'il aura lieu la semaine prochaine. "S'il y a un débat entre les épidémiologistes c'est parce qu'il reste un certain nombre de données que nous devons consolider pour observer les tendances", a expliqué Emmanuel André. Il y a un certain nombre de choses que nous pouvons toutefois souligner, selon le porte-parole:

  • le nombre de personnes qui présentent des symptômes potentiellement liés au coronavirus semble diminuer
  • le nombre d'hospitalisations reste important mais n'augmente pas. C'est un signe positif important.
  • il existe toutefois encore une transmission du virus au sein des différentes communautés (comme dans les maisons de repos). Il faut donc maintenir les efforts.
"Quand nous aurons le pic, nous vous le dirons, mais il faut surtout maintenir les mesures pour le moment et les respecter, a répété le porte-parole interfédéral de la crise du Covid-19. Nous pourrons vous dire que le pic a été passé qu'une fois qu'il aura eu lieu".

Saturation

Le risque est présent dans chaque région. C'est pourquoi il faut tout faire pour contenir l'épidémie. Certains régions ont vu l'épidémie les frapper de façon plus importante que le reste du pays. C'est pourquoi elles ont vu certains de leurs hôpitaux connaître un phénomène de saturation. Le plan de répartition a donc été enclenché. Mais au niveau national, il n'y a pas encore de saturation générale.