C'est l'épidémiologiste Marius Gilbert (ULB) qui a tenu à faire le point sur cette évolution, sur les réseaux sociaux. Il rappelle donc que " pour bien comprendre les nombres de cas de Covid-19, il faut avoir à l'esprit la pyramide épidémiologique et les changements intervenus dans la définition de cas ".


Mais que veut-il dire par là ? Grâce à l'augmentation de la capacité de testing et à la modification des critères qui permettent d'y avoir accès, les cas détectés ne sont plus uniquement ceux qui souffrent d'une forme grave de la maladie : "en mars, un positif était un décès ou une personne gravement malade, en mai, cela pouvait aussi être un cas bénin" , explique l'épidémiologiste, "et depuis juin, un positif peut-être gravement malade, présenter des symptômes bénins, ou être sans symptômes apparents. "

Ce changement implique que le nombre de cas par hospitalisation a augmenté depuis mars. Mais le virus n'est pas moins dangereux pour autant. Si ce ratio augmente, c'est simplement parce que les "cas" sont détectés de manière beaucoup plus importante qu'en mars.

Pour Marius Gilbert et pour bien d'autres experts, l'indicateur le plus stable auquel se fier est le nombre d'hospitalisations. Il a d'ailleurs "montré une reprise en juillet, confirmant que la vague de cas n'était pas un artefact des changements de politique de testing ", rappelle Marius Gilbert. 

Alors pourquoi continuer à donner le nombre de cas ?

Plusieurs raisons expliquent le choix de continuer à donner le nombre de cas. "La première, c'est un indicateur plus précoce qui permet de mesurer l'évolution de la vitesse des contaminations avec un temps d'avance sur les hospitalisations et de réagir plus tôt". La seconde, rappelle l'expert, "c'est que la mesure du nombre de cas positifs cumulés sur deux semaines est devenue un indicateur important sur le plan international qui détermine l'état de la transmission et du risque d'infection dans notre pays".

En effet, la carte épidémiologique du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) se base sur le nombre de cas pour 100.000 habitants afin d'établir le classement des différents pays. Actuellement, la Belgique est classée en zone orange clair sur la carte.

© ECDC

Un taux de positivité relatif

Le nombre de cas positifs dépend évidemment du nombre de personnes testées et les stratégies de testing sont propres à chaque pays. Certains pays se retrouvent donc "avec des statistiques de cas déconnectées de l'impact de santé réel sur la société et pénalisées sur la plan international", souligne Marius Gilbert. 

Mais malgré tout, grâce à un testing important, une meilleure prévention est possible, permettant également de détecter d'éventuels clusters et, donc, de ralentir l'épidémie.

Enfin, l'expert rappelle que, dans cette épidémie de Covid, il ne faut pas se limiter à suivre un seul indicateur. "C'est l'utilisation d'indicateurs multiples et complémentaires qui a permis de détecter très tôt une reprise de la transmission et de réagir bien avant qu'elle ne se traduise en de nombreuses hospitalisations et décès".