Que faut-il retenir des derniers chiffres sur l'évolution du coronavirus en Belgique?

"C'est la première fois que nous voyons le nombre de personnes hospitalisées diminuer", note d'emblée Emmanuel André, porte-parole interfédéral. Il ajoute que sur les 3958 tests en laboratoire réalisés mardi, 1209 personnes ont été diagnostiquées positives (544 en Flandre, 548 en Wallonie, 101 à Bruxelles et pour 16 personnes les données doivent encore être consolidées).

"Comme les chiffres le montrent aujourd'hui, la situation semble s'approcher de ce qu'on peut appeler un pic ou un plateau. C'est l'avenir des prochains jours qui nous dira vers quel type de scénario nous allons", ajoute-t-il. "Le nombre de personnes à l'hôpital diminue. C'est un signe encourageant et les efforts portent leurs fruits. Mais la situation dans les hôpitaux et dans les maisons de repos reste particulièrement difficile, il faut donc continuer les efforts."

Concernant les 205 nouveaux décès, Emmanuel André détaille que 95 personnes sont décédées à l'hôpital. Pour les 110 autres personnes, "elles sont décédées en dehors de l'hôpital et il n'y a donc pas eu, pour la majorité d'entre elles, un test de diagnostic de confirmation".

Où en est-on au niveau des tests?

En ce qui concerne les tests, Emmanuel André a été questionné sur la situation des maisons de repos. "La stratégie de dépistage dans les maisons de repos a débuté et nous sommes dans une phase pilote. On attend un premier résultat pour voir comment on va procéder par la suite: qui tester en priorité pour une meilleure efficacité", a-t-il expliqué.

Et quelle répartition pour ces tests? "En ce qui concerne l'initiative fédérale, cela se fait en fonction du nombre d'habitants et de résidents en maisons de repos, il n'y a donc pas de différences entre les régions", a-t-il ajouté. Avant de préciser: "4000 tests sont réalisés chaque jour actuellement. Ces tests (PCR) visent à détecter le virus pour déterminer si la personne est malade ou contagieuse. Pour les maisons de repos, on a lancé une approche supplémentaire, soit 20.000 tests pour la phase pilote même si cela prend un peu de temps. Cette capacité augmentera ensuite."


Une personne malade peut-être testée négative...

Des tests négatifs alors que la personne est bien contaminée, comme cela aurait été le cas en France avec le décès d'une adolescente de 16 ans, cela peut-il arriver en Belgique? "Pour la grande majorité des personnes qui développent la maladie, le virus va se manifester au niveau du nez et du pharynx. Dans certains cas, quand les poumons sont touchés, on est déjà à un stade plus fort de la maladie. Mais quand on va réaliser des tests pour ces personnes-là, si le pharynx ou le nez sont moins touchés, le test peut s'avérer négatif. Lest tests sont normalement très bons mais si le virus n'est pas là en conséquence, il peut s'avérer négatif. Dans les cas extrêmes, où les poumons sont touchés, les médecins doivent alors recourir à des scanners pour analyser la situation."

Quid de la transfusion de plasma de patients guéris

Interrogé sur la possibilité de transfusion de plasma de patients guéris, le porte-parole interfédéral explique: "L'approche existe en médecine depuis plusieurs décennies et a déjà montré son efficacité. Pour le coronavirus, des études sont en cours en Belgique et à l'étranger pour évaluer cette approche".


Une personne peut être contagieuse jusqu'à 3 semaines, voire plus

"On a une idée précise aujourd'hui de la durée durant laquelle la personne contaminée va porter le virus et être contagieuse", précise Emmanuel André. "Pour les personnes qui développent les formes peu symptomatiques, qui ne nécessitent pas d'hospitalisation, on estime cette durée d'être porteur du virus entre 7 et 10 jours. Dans les formes plus sévères, la durée est prolongée, entre deux et trois semaines, voire plus. C'est parfois une immunité plus faible chez certaines personnes qui vont donc porter le virus plus longtemps."

Le soleil a-t-il une influence positive?

Quel est l'impact des jours plus ensoleillés sur la propagation du virus? "On sait que sur d'autres virus, cela a un effet sur sa capacité à survivre et que le beau temps réduit la propagation. Ici on est face à nouveau virus dont on ignore encore certaines choses. Si on a un coup de pouce de la météo, ce sera une bonne chose, mais on ne peut pas encore compter sur cela...", commente Emmanuel André.


La solidarité, primordiale

Benoît Ramacker, porte-parole du centre de crise, a également commenté la situation, adressant un message aux jeunes. "Les jeunes sont très créatifs pour trouver des manières de rester en contact. Ils n'hésitent pas non plus à aider les autres, comme aller faire les courses pour des personnes plus âgées. Cette solidarité et ce respect du confinement est primordial. Beaucoup se posent aussi la question du confinement, de comment cela va se passer. Seul le temps répondra à vos questions."

Benoît Ramacker encourage la population à continuer: "Un maximum de Belges passent leur temps dans leur commune. Grâce à ces efforts collectifs et solidaires, nous voyons que le nombre de personnes hospitalisées est à la baisse. Mais il ne faut pas oublier les nombreuses pertes humaines. Tenez donc bon, restez chez vous, prenez soin de vous et des autres."

Quel impact du coronavirus sur le taux de mortalité habituel?

Peut-on quantifier précisément l'influence du coronavirus sur le taux de mortalité habituel en Belgique? "Sur base des chiffres des années précédentes, nous allons pouvoir regarder en fait la surmortalité cette année. L'analyse de ces chiffres se fait toutefois avec des semaines de retard, le temps d'avoir le recul nécessaire. Typiquement après trois semaines et un mois. Il faut donc encore être patient", explique Emmanuel André.

Ce dernier, interrogé sur les dangers du tabac face au coronavirus, ajoute: "Des éléments comme l'âge et l'obésité sont des facteurs de risque. Concernant le tabac, des études sont toujours en cours et on attend les résultats".

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