Le Centre de crise national et le SPF Santé Publique tiennent quotidiennement une conférence de presse, depuis le début de l'épidémie de coronavirus. Y sont annoncés les données importantes des dernières 24 heures, comprenant le nombre de nouveaux cas, d'hospitalisations, de décès et de sorties de l'hôpital.

Ce jeudi, on apprend que 1298 nouveaux cas de contaminations en Belgique ont été détectés, ce qui porte le total à 6235 personnes infectées du COVID-19. Il y a en outre eu 42 personnes décédées au cours des dernières 24 heures, ce qui fait monter le bilan à 220 personnes.

Quelle est la situation en Belgique? On fait le point:

A quand la fin du confinement? Respectez les règles! 

Concernant la durée des mesures de confinement, Emmanuel André, virologue et porte-parole interfédéral coronavirus, a assuré que "si les règles sont appliquées à moitié, cela prendra deux fois plus de temps d'en sortir".

Il en a profité pour rappeler la règle de distanciation sociale, de 1m50. "Quand on respecte cela, on risque grandement de ne pas être contaminé. Mais le virus se propageant également par terre et sur les objets, il faut aussi se laver les mains régulièrement. Quand on n'est pas dans le cadre d'un hôpital ou aux côtés d'une personne contaminée, le port d'un masque ou de gants n'est pas nécessaire".

Benoît Ramacker, porte-parole du Centre de crise, a fait une allusion aux secteurs qui doivent continuer à travailler: "Dans une période d'incertitude comme celle-ci, les services essentiels sont importants car ils apportent une stabilité. Cela vaut pour tous les services essentiels, et en particulier les services publics comme les administrations communales, provinciales, régionales et fédérales qui travaillent aujourd'hui. On souhaiterait remercier le personnel enseignant par exemple, les personnes qui travaillent dans les transports publics, les fonctionnaires qui travaillent dans les prisons et tous ceux qui travaillent dans les soins de santé. On les félicite tous car ils prennent leur responsabilité. C'est en respectant les règles de santé publique que vous travaillez pour aider les autres".

"Restez un maximum chez vous, prenez soin de vous et des autres": à l'instar d'Emmanuel André, il a aussi tenu à rappeler que si les règles de confinement n'étaient pas respectées de manière solidaire, cela prendrait énormément de temps avant de sortir de cette épidémie. Les deux hommes refusent toutefois de donner une date précise quant à la possible sortie du confinement...

En ce qui concerne les déplacements, Benoît Ramacker rappelle qu'il faut "les limiter à l'essentiel: aller faire ses courses, aller à la pharmacie ou chez le médecin, aller éventuellement aider une personne en diffficulté. La police est là pour accompagner, mais aussi sanctionner si les gens ne respectent pas les règles". Quant à la réouverture des écoles, "il est encore trop tôt pour pouvoir répondre à cela. On est toujours dans une phase ascendante de l'épidémie. Une seule chose est sure: si on ne respecte pas les mesures actuelles: on va devoir les prolonger!"

La capacité de réaliser des tests augmente significativement

Depuis plusieurs semaines déjà, la Belgique "augmente de façon significative sa capacité à réaliser des tests en grande quantité", a indiqué Emmanuel André. "Un coup d'accélérateur très important" a encore été donné ces derniers jours pour "mobiliser tous les laboratoires hospitaliers, de biologique clinique mais aussi des universités et des entreprises pharmaceutiques". "Cet effort va porter ses fruits et nous sommes très optimistes sur le fait que des résultats tangibles vont arriver", a-t-il assuré.

Il est nécessaire de tenir compte de la complexité de cet effort "gigantesque". En effet, il faut prendre en considération que ces tests seront réalisés par des médecins et infirmiers, que cela nécessite du matériel de prélèvement, qu'il faut organiser le transport des échantillons, etc. "Tout ça est maintenant en train d'être préparé et nous sommes très bien avancés."

Un autre aspect est aussi considéré: "Une attention particulière devra être portée à toutes les personnes diagnostiquées positives mais aussi à tous leurs contacts, car elles ont potentiellement transmis le virus à leur entourage". Cela demandera donc aussi une "mobilisation de la communauté pour faire des recherches sur les contacts, sensibiliser et tester ces personnes... C'est quelque chose qui est aussi programmé et qui sera déployé au fur et à mesure en fonction des besoins", a-t-il conclu.

Le pic attendu "dans les prochaines semaines"

Quid du pic de l'épidémie, qui était attendu en ce milieu de semaine? "L'épidémie est toujours dans sa phase ascendante. On n'a toujours pas atteint le pic. Les projections que l'on peut faire aujourd'hui, si les règles sont respectées, c'est que le pic arrivera dans les prochaines semaines, vers le début du mois d'avril", précise Emmanuel André.

Revivez la conférence de presse: