Une nouvelle variante du Sars-CoV-2 est apparue dans le Sud-Est de l'Angleterre et à Londres à la mi-septembre, conduisant le gouvernement britannique a réinstaurer un confinement dans cette région. Suite à cette alerte, les Pays-Bas, suivis par la Belgique, ont décidé de fermer leurs portes aux voyageurs en provenance du Royaume-Uni, ce dimanche.

Une variante plus contagieuse ?

La découverte de cette mutation provoque du remous en Europe. Le secrétaire d'Etat britannique de la Santé a déclaré ce dimanche que cette nouvelle souche était "hors de contrôle". En effet, cette nouvelle variante, VUI-202012/01, serait jusqu'à 70% plus contagieuse que la précédente souche, selon Boris Johnson.

Selon Yves Coppieters, épidémiologiste à l'ULB contacté par La Libre, "il s'agit d'une hypothèse". Pour le scientifique, il n'y a pas encore de raison de s'inquiéter. La hausse de l'incidence en Angleterre est corrélée à la nouvelle mutation mais ce n'est pas une cause. "Il existe d'autres facteurs qu'il faut rechercher", explique l'expert. "Tant que nous ne sommes pas documentés, il ne faut pas entraîner de la panique dans la population".

"C'est un virus qui mute naturellement, il existe des dizaines de milliers de mutations en Angleterre, et ça ne veut pas forcément dire que la situation est plus grave", insiste-t-il.

L'épidémiologiste invite cependant à rester "très prudent" pour éviter les mauvaises surprises. "La Belgique doit renforcer sa surveillance épidémiologique aux frontières et mieux cartographier les différentes souches qui circulent en Belgique", recommande-t-il.

Isoler le Royaume-Uni comme le fait la Belgique et les Pays-Bas "est un principe de précaution puisqu’on ne sait pas encore quels seront les effets de cette variante sur la contagion", rappelle Yves Coppieters. "Mais ça ne veut pas dire que cette souche est plus virulente".