Si l'entièreté de la Belgique fait face à un rebond épidémique, les experts soulignent que des différences existent d'une province à une autre. Ainsi, alors qu'Anvers a vu sa situation se dégrader ces dernières semaines, la province affiche désormais une courbe descendante au niveau du nombre de contaminations. Au contraire, Bruxelles connaît actuellement une augmentation importante, jugée "alarmante" par Frederique Jacobs, porte-parole interfédérale.

Pour permettre de mieux cerner la situation épidémiologique de chaque zone du pays, Sciensano dévoile, depuis ce mercredi 12 août, le taux de reproduction (R) du covid-19 calculé dans chaque province. Ce dernier est un indice important de la propagation du virus puisqu'il représente le nombre moyen de nouveaux cas qu’une seule personne infectée et contagieuse va générer en moyenne. "C'est un taux que l'on vous donne régulièrement et qui donne une estimation du niveau d'infection mais qui dépend du comportement de chacun et des caractéristiques du virus", a précisé Mme Jacobs, ce mercredi 12 août. Il faut donc rester prudent quant à l'interprétation de cette donnée. 

Calculé à l'échelle de la Belgique, le R s'élève à 1.274. Cela signifie que chaque personne malade contamine en moyenne 1,2 personne. Deux provinces affichent un taux de reproduction supérieur à ce nombre (comme vous pouvez le constater dans la colonne "estimation médiane" du tableau ci-dessous): la Flandre occidentale (1.37) et le Brabant Wallon (1.34). Il s'agit là des deux zones en Belgique où le R est le plus élevé. Derrière les deux provinces, on retrouve Namur (1.27), Bruxelles (1.24), la Flandre orientale (1.24), Liège (1.24), le Hainaut (1.22), le Brabant flamand (1.15), Anvers (1.02), le Luxembourg (1.02) et enfin, le Limbourg (1.02).

© Sciensano

Les experts de Sciensano se basent sur les hospitalisations pour calculer la valeur R à l'échelle de la Belgique, tandis qu'ils se basent sur le nombre de cas pour calculer le taux de reproduction dans les provinces. "Il est important de souligner que les valeurs estimées dépendent des choix méthodologiques utilisés dans le programme de modélisation, avertit l'institut de Santé publique. (...) Un avantage du R basé sur les hospitalisations est qu'il n'est pas affecté par les différences temporelles dans la (sous-)déclaration de cas, ce qui est le cas pour le R basé sur les nouveaux cas diagnostiqués. D'autre part, un avantage du R basé sur les nouveaux cas diagnostiqués est qu'il est plus sensible aux changements soudains du nombre de cas. Cependant, cette variabilité plus élevée entraîne également plus de difficultés." concernant l'interprétation de cette estimation.