Qu'est-ce qui n'a pas fonctionné dans la prise en charge médicale de la petite Rachel, 12 ans, décédée lundi du coronavirus ?

"Nous sommes très déçus du système de santé de notre pays", déplore la soeur de Rachel dans le journal Het Nieuwsblad de ce jeudi, qui s'étonne des dysfonctionnements dans la prise en charge de la petite. Selon elle, son état de santé n'a jamais été pris au sérieux.

Malade vendredi dernier, Rachel a été emmenée par sa mère chez le médecin, qui a diagnostiqué une allergie et exclu le Covid-19. Renvoyée à la maison, elle s'est sentie mieux les jours suivants, avant que son état ne se dégrade subitement dans la nuit de dimanche à lundi. Elle s'était réveillée une première fois vers 3h du matin, se sentant mal. "A 7h30, Rachel s'est à nouveau réveillée en disant: 'Maman, je ne me sens toujours pas bien'. Ma mère a compris qu'il se passait quelque chose et elle a rappelé le médecin. Mais pour lui, Rachel n'était pas prioritaire, à cause de son âge. II a dit qu'il pouvait la recevoir à 10h30", raconte sa soeur dans le quotidien flamand.

La suite, c'est un état de santé qui se dégrade encore et un appel aux urgences qui n'a jamais pu être traité. Officiellement parce que l'appel n'était pas compréhensible. La mère de famille, d'origine ghanéenne, ne parle qu'en anglais. "My daughter doesn't feel well. She has trouble breathing: c'est tout de même quelque chose qu'on doit comprendre quand on travaille à la centrale des appels d'urgence? (...) Ma mère a supplié qu'on l'aide, mais personne n'est venu", déplore la sœur aînée, qui espère que son témoignage fera bouger les choses.

Une enquête demandée

En attendant, le bourgmestre de Gand Mathias De Clercq (Open Vld) a demandé au Comité P, l'organe de contrôle externe sur la police, d'enquêter sur cet appel à l'aide émis par les parents de la jeune fille. La décision fait suite à certains rapports faisant état de possibles problèmes linguistiques ou d'autres malentendus lorsque la mère a contacté les services d'urgence. "Il est important que toutes les parties soient entendues", dit M. De Clercq.

La mort de la jeune fille de 12 ans, inscrite à la Freinetschool De Harp à Gand, a créé un choc émotionnel, notamment car il est "rare", comme l'ont souligné les scientifiques, qu'un enfant succombe aux effets du coronavirus.