Colchicine, remdesivir, hydroxychloroquine... Au début de la pandémie de Covid-19, lorsque l'élaboration d'un vaccin était encore difficilement envisageable, de nombreux chercheurs se sont penchés sur les médicaments qui pourraient aider à combattre le virus. Au fil d'essais cliniques et d'études en tous genres, aucun traitement thérapeutique n'est réellement sorti du lot et n'est apparu comme un "remède miracle" face aux dangers du coronavirus.

Plusieurs mois plus tard, alors que trois types de vaccins différents sont administrés en Belgique, où en sommes-nous dans la course au traitement?

"Il faut être clair: il n'y a pas de balle magique actuellement contre le Covid. En dehors de la vaccination, on n'a pas de solutions thérapeutiques réelles", a rappelé Yves Van Laethem au cours de la conférence de presse de ce mardi matin.

Toutefois, l'expert souligne deux pistes qui peuvent être envisagées et, à terme, présenter des effets positifs: l'immunothérapie et les antiviraux.

Immunothérapie

L'immunothérapie, déjà utilisée en France et en Allemagne, consiste à introduire des anticorps contre le coronavirus chez le patient. Concrètement, les anticorps sont administrés par voie intraveineuse, par voie sous-cutanée ou encore intramusculaire chez des individus particulièrement fragiles ou à risque. Selon Yves Van Laethem, ce traitement peut se révéler efficace au début de la pathologie, lorsque le virus commence à s'installer dans le corps. "Lorsque l'on dépasse les 7 à 10 jours d'infection, les anticorps n'ont plus beaucoup d'effet. Mais très précocement, lorsque l'activité du virus est encore présente, le bloquer par ces anticorps peut alors avoir un impact", détaille le porte-parole interfédéral.
Toutefois, cette forme de traitement présente des désavantages: elle est assez complexe, car elle nécessite une injection, mais elle a également un coût important.

Antiviraux

L'autre solution proposée par Yves Van Laethem est de recourir à des antiviraux, soit des substances actives qui permettent de bloquer efficacement la pathologie à un stade précoce. En règle générale, la science n'est pas encore à la pointe concernant les antiviraux: en effet, seule l'hépatite C possède actuellement un médicament réellement efficace, mais pour les autres types de virus comme le VIH, aucun antiviral miracle n'a jusqu'ici été développé.

Dans le cadre du Covid-19, plusieurs médicaments sont en train d'être développés par des firmes pharmaceutiques, mais ne sont pas encore disponibles. Selon Yves Van Laethem, ces antiviraux permettraient d'avoir une meilleure efficacité que le seul antiviral approuvé actuellement contre le Covid-19, à savoir le remdesivir, dont on sait que l'apport reste pour le moins marginal.

Le développement d'autres antiviraux efficaces est donc probable à terme, mais ceux-ci nécessitent d'importants moyens financiers et logistiques ainsi que des études complémentaires avant d'être approuvés. "On avait espéré une solution avec la colchicine, par exemple, mais l'étude n'est toujours pas publiée et on reste actuellement dans l'expectative", déplore Yves Van Laethem.