"Ces cas ont été signalés récemment, après que des inquiétudes ont été soulevées dans différents pays de l'Union européenne, bien qu'ils se soient produits avant la récente couverture médiatique", précise l'AFMPS.

L'agence fédérale des médicaments rappelle que chaque année, plusieurs milliers de personnes dans l'Union européenne développent des caillots sanguins pour diverses raisons. "L'incidence des événements thromboemboliques chez les personnes vaccinées ne semble pas être généralement plus élevée que dans la population générale", ajoute-t-elle.

L'AFMPS appelle les personnes qui pensent subir un effet indésirable à la suite d'une vaccination à le signaler (via le site internet www.notifieruneffetindesirable.be).

La Belgique a décidé lundi de poursuivre la campagne de vaccination avec le vaccin du groupe anglo-suédois AstraZeneca, alors même que la plupart de ses voisins de l'Union européenne (France, Pays-Bas, Allemagne, etc.) ont choisi de suspendre l'utilisation de ce vaccin, après le signalement de plusieurs cas de troubles sanguins. Si aucun lien de causalité formel n'a été établi à ce stade entre ces effets secondaires graves et l'administration du vaccin AstraZeneca, une douzaine de pays européens ont décidé d'en suspendre l'utilisation, dans l'attente d'éclaircissements et d'une évaluation de l'Agence européenne des médicaments (EMA), qui doit se prononcer jeudi lors d'une réunion extraordinaire.

Bien que l'évaluation soit en cours, l'EMA et l'AFMPS maintiennent actuellement leur opinion selon laquelle les avantages du vaccin d'AstraZeneca dans la prévention du Covid-19, avec le risque d'hospitalisation et de décès qui lui est associé, l'emportent sur les risques d'effets indésirables.

Frank Vandenbroucke rassure

Sur les 17 millions de personnes ayant reçu une dose du vaccin contre la Covid-19 développé par Astrazeneca en Europe et au Royaume-Uni, seuls 15 ont développé une Thrombose veineuse profonde (DVT) et 22 une embolie pulmonaire (PE), soit 0,0002% de cas, a rappelé mardi Frank Vandenbroucke en commission Santé de la Chambre.

C'est moins que les 0,009% craints au départ. Interrogé par les députés, le ministre de la Santé publique a une nouvelle fois défendu la position de la Belgique de poursuivre la vaccination avec le vaccin Astrazeneca, contrairement aux pays voisins.

"Nous avons suivi un avis très clair du sous-groupe spécialisé du Conseil Supérieur de la Santé (CSS). Sur base de cet avis, nous avons décidé de maintenir la vaccination. Et c'est toujours la position de l'agence européenne des médicaments. La balance de risque impose de continuer la campagne de vaccination."

De manière générale, "un événement thrombo-embolique est une pathologie fréquente", a développé Frank Vandenbroucke. "Chaque année en Europe, on recense 44 événements par 100.000 habitants chez les 18-24 ans et 2.055 cas par 100.000 habitants chez les plus de 80 ans."

"En Belgique, 6 cas d'événements thrombo-emboliques survenus après la vaccination ont été rapportés", a pousuivi le ministre. "Il nous faut rapporter ces données au niveau européen pour faire un bilan concret." "Mais la thrombose est une pathologie fréquente pour des patients covid", a-t-il ajouté. "Selon une étude récente, 21% des personnes qui ont eu la covid ont connu une complication thrombo-embolique. La covid est un vrai danger! Et le vaccin protège contre ce danger", a-t-il conclu.

"Je regrette cette réaction en chaîne. Ce n'est pas bon. Je l'ai dit au conseil européen des ministres de la santé.

Certains pays avaient, la semaine dernière, interrompu l'utilisation de certains lots bien spécifiques, qu'ils suspectaient d'être problématiques. L'Autriche avait été la première à le décider, le 8 mars, après le décès d'une infirmière qui avait eu un problème de coagulation. Danemark, Norvège, Islande, Italie, France, Irlande, Pays-Bas ou encore Allemagne, entre autres pays européens, ont entretemps suspendu l'utilisation du vaccin AstraZeneca. En Belgique, il a donc été décidé de poursuivre la vaccination.

Un premier rapport du comité de vigilance de l'agence européenne des médicaments est attendu jeudi.

Au deuxième trimestre, la Belgique ne devrait recevoir que 1,6 à 2,1 millions de doses du vaccin Astrazeneca au lieu des 4,6 millions prévus au départ, a en outre indiqué Frank Vandenbroucke, confirmant une information communiquée samedi par la task force vaccination. Ce déficit pourrait toutefois être compensé par la disponibilité de trois autres vaccins, dont celui du géant américain Johnson & Johnson qui ne nécessite qu'une seule dose par personne. 1,4 million de doses J & J est annoncé pour le deuxième trimestre. 121.000 vaccins Pfizer supplémentaires seront également disponibles en mars, dans le cadre de la nouvelle livraison prévue au niveau européen. Enfin, 900.000 doses du vaccin Moderna sont attendus au deuxième trimestre.