Ce fiasco "nous a poussé à examiner (nos) processus de relecture pour (...) réduire encore les risques de mauvais comportements en matière de recherche et de publications", a écrit dans un texte mis en ligne jeudi soir la revue britannique.

La relecture par un comité d'experts indépendants, le "peer-reviewing", est censé être un gage de qualité des publications scientifiques.

Pour les travaux utilisant de grosses bases de données, comme celle sur l'hydroxychloroquine retirée début juin, "au moins un des relecteurs (devra) connaître les détails de ces données" et être en mesure "de comprendre et commenter leur intérêt et leurs limites par rapport au sujet" de l'étude. Pour les bases de données les plus vastes, The Lancet aura recours en plus à un "expert en 'data science'".

Fin mai, le Lancet avait publié une étude concluant que l'hydroxychloroquine était inefficace contre le Covid-19 et même dangereux, un travail fondé, selon ses auteurs, sur les données de près de 100.000 patients hospitalisés dans le monde. L'OMS avait dans la foulée interrompu les essais du médicament mais des doutes avaient rapidement surgi autour des données recueillies par la société Surgisphere (dont le dirigeant était mentionné comme co-auteur de l'étude) qui avait refusé d'en dévoiler les détails. Trois des quatre auteurs l'avait finalement "rétractée" et The Lancet avait présenté ses "excuses".

Pour toutes les études, The Lancet va aussi demander plus d'engagements écrits aux auteurs et que la totalité des auteurs d'une même étude engagent leur responsabilité. Par exemple, "plus d'un auteur" devra avoir eu "directement" accès aux données brutes de l'étude et les avoir "vérifiées".

De plus, au moins l'un de ceux qui ont vérifié l'intégrité des données devra être un chercheur, sans lien avec l'entité commerciale (une entreprise par exemple) qui les aurait fournies le cas échéant. Un document devra préciser quelles données seront publiées, quand et comment elles le seront.

Dans un autre texte rendu public vendredi, The Lancet souligne qu'avec la pandémie, il est devenu "particulièrement compliqué" de trouver des relecteurs et que "dans certains cas, nous avons reçu cinq fois plus de manuscrits qu'en temps normal".

À ce jour, l'efficacité de l'hydroxychloroquine contre le Covid n'a pas été démontrée scientifiquement.