"Arrêt maladie sans se déplacer": telle est la présentation du nouveau site qui vient d'être lancé ce mardi en France.

Si le concept existe déjà en Allemagne, il a fait beaucoup de bruit dès son arrivée chez nos voisins. Le principe est simple: la personne dite malade va sur le site Arretmaladie.fr et après avoir répondu à quelques questions sur son état de santé, elle se retrouve en téléconsultation (ou consultation vidéo à distance) avec un médecin qui délivrera la fameuse attestation de maladie, d'une durée maximale de trois jours.

Si en Allemagne, 30.000 arrêts maladie ont été prescrits, le cofondateur de la plateforme en France se veut encore plus ambitieux. Au Parisien, Can Ansay explique: "Notre objectif pour la France, en 2020, est de 50 000 arrêts de travail, car ici les téléconsultations sont remboursées et il devrait y avoir plus de demandes. Chez nous, le modèle économique est clair et restreint : prescrire des arrêts maladie pour quatre petits maux du quotidien : le coup de froid, les règles douloureuses, le stress et la gastro-entérite". Le site mentionne en outre parmi les symptômes possibles "grippe", "cystite", "douleur de dos" ou encore "migraine".

A noter que pour éviter au maximum les abus, il est seulement possible d'avoir recours au site une fois toutes les trois semaines.

Pas que des heureux...

Si ce nouveau site pourrait ravir les patients qui n'auraient pas de médecin à proximité de leur domicile ou qui préfèrent rester chez eux (la plateforme était d'ailleurs déjà saturée dès le premier jour!), des voix s'élèvent par contre du côté des médecins et l'Assurance maladie.

Le docteur Jérôme Marty, président du syndicat Union française de la médecine libre, a réagi sur Twitter.


Et sur BFM TV, il a accusé des "escrocs" qui veulent profiter du nom "secu": "Cela paraît tellement gros que l’on pense immédiatement à un fake. C'est de la marchandisation du système de soin qui fait passer le patient pour un client et le médecin comme un prestataire de service". Pour Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des Médecins de France, "ce site est une honte, c'est la caricature du soin".

De son côté, la Cnam (Caisse nationale d'assurance maladie) va même plus loin car elle a décidé d'engager "une action en référé" contre le site arretmaladie.fr. Pour la Cnam, le site "trompe les assurés" et "s'écarte de la déontologie", ajoutant que les "arrêts de travail ne sont pas des produits de consommation, susceptibles d’être distribués sur demande des patients".