La Belgique a mis un coup d’accélérateur, ce mercredi 27 mai, à son programme de déconfinement. Le pays a annoncé le retour à l’école des maternelles le 2 juin et des primaires le 5 juin. Si certains enfants avaient déjà pu revenir en classe, ils constituaient jusqu’alors une minorité. Les mesures, qui plus est, étaient très strictes. Les règles ont dès lors été assouplies pour faciliter la “rentrée scolaire” du mois de juin. Une décision qui a semblé inquiéter l’épidémiologiste Yves Coppiers (ULB). “Ils sont rentrés à l’école le 18 mai donc ça fait 10 jours, a détaillé le professeur en santé publique sur le plateau de la RTBF. Ce qui signifie que la fenêtre d’observation n’est pas de 15 jours. Et donc je pense que c’est un peu trop rapide pour reprendre un ensemble d’activités plus importantes sans les évaluer au préalable".

Ce qui pose donc problème à l’expert, c’est surtout la courte période qui sépare les différentes étapes du déconfinement. “Ces phases vont trop vite”, a averti le professeur en santé publique. En effet, selon lui, cet enchaînement ne permet pas de correctement analyser l’impact des assouplissements des mesures sur l’épidémie. Une étape est entamée que l’on en annonce déjà une autre.


“Comme si le virus et le danger avaient disparu”

L’épidémiologiste a estimé que la Belgique se trouvait désormais dans une “phase de moindre risque”. “Après celle de la peur qui a engendré le confinement et ensuite celle de la crainte de la seconde vague qui a montré qu’on peut se déconfiner progressivement, on agit maintenant comme si le virus et le danger avaient disparu”, a-t-il regretté sur le plateau de la RTBF. Pour le professeur en santé publique, les risques sont encore trop grands pour agir de la sorte.

Il a également pointé une forme de relâchement dans la population, notamment en ce qui concerne les gestes barrière. “Si on relance les activités, il faut mettre la priorité sur les gestes barrières”, a pourtant rappelé M. Coppieters, invitant les Belges à “rester prudents”.