De nombreuses zones d'ombre persistent concernant l'épidémie de coronavirus qui sévit encore dans le monde entier. Parmi ces questions qui demeurent sans réponse, les interrogations concernant l'origine du Covid-19 fusent. Si l'on présumait qu'il était apparu pour la première fois en Chine en janvier 2020, les rumeurs vont bon train sur la façon dont il serait apparu. Création humaine ou virus animal ? Les scientifiques semblent plutôt s'accorder sur la deuxième solution, même si certains doutes sont émis. Mais de nouvelles informations du Sunday Times viennent relancer le débat qui a déjà suscité quelques tensions. En effet, selon le média anglais, des échantillons contenant un virus très similaire à celui qui terrasse la planète actuellement, auraient été envoyés à l'Institut de virologie de Wuhan en 2013. 

Ce virus aurait causé la mort de trois personnes à l'époque, sur les six ayant été en contact avec celui-ci et ayant contracté une grave pneumonie. Il proviendrait des excréments de chauves-souris, se trouvant dans une ancienne mine de cuivre dans le sud-ouest de la Chine. La spécialiste des coronavirus, Shi Zhengli, qui a identifié le Covid-19 s'est également rendue dans cette mine de la province de Yunnan et a récolté les fameux échantillons. Celle que l'on surnomme "Bat Woman" dans le milieu scientifique en raison de son intérêt pour cet animal, véritable nid à virus, a estimé que c'était fort probable que le RATG13 était bel et bien le virus qui a tué les trois personnes en 2013. En février 2020, la célèbre virologue a indiqué que l'actuel coronavirus était similaire à 96,2% au RATG13. 

Ces différences entre les deux échantillons pourraient venir de presque sept années d'évolutions de la souche virale, expliquent des scientifiques interrogés par le Times. 

Shi Zhengli, qui est également directrice adjointe du laboratoire de Wuhan, a toutefois balayé toutes les accusations indiquant que l'institut était à l'origine du Covid-19. Tout comme le directeur général, elle a insisté sur le fait qu'il était impossible d'avoir assisté à une fuite, y compris du RATG13, étant donné qu'aucun échantillon humain du virus n'était conservé. 

© AFP