"Un moment-clé", a estimé Sophie Wilmès en parlant de la troisième phase du déconfinement qui débutera ce lundi 8 juin. Et pour cause: il s'agira d'un "retour à la liberté" pour les Belges. Ces derniers pourront progressivement reprendre d'anciennes habitudes telles que manger au restaurant ou boire un verre en terrasse. Exit également la "bulle" de quatre personnes: il sera possible à partir de la semaine prochaine de voir jusqu'à dix personnes par semaine. Un changement de taille qui inquiète l'épidémiologiste Pierre Van Damme. "C'est relativement risqué, a estimé le professeur de l'Université d'Anvers sur le plateau de VTM.

Le scientifique a pointé du doigt le manque de clarté de la part des autorités quant à cette nouvelle bulle. "D'après l'explication donnée, on comprend très bien que cela devient une zone grise, a continué l'expert. D'une part, l'accent est mis à juste titre sur la distanciation sociale et d'autre part, nous pourrons ne pas respecter cette règle dans certains cas. On donne ainsi de la responsabilité aux citoyens, c'est très bien, mais on fait passer un double message sur une mesure importante qu'on estime qui ne doit pas toujours être maintenue."

L'épidémiologiste craint ainsi que certains y voient l'opportunité de faire la fête avec leurs amis, sans restriction. "Je ne pense pas que c'était l'objectif", a-t-il conclu.

"Soyez patients"

Erika Vlieghe, la présidente du groupe d'experts chargés du déconfinement, a confirmé que pour ce genre d'activité, il faudrait encore attendre. "Soyez patients, a demandé la cheffe du service des maladies infectieuses de l'hôpital universitaire d'Anvers. Danser, se rapprocher,... ce sont des choses qui comportent des risques élevés en termes de transmission. (...) Tout aura lieu en temps voulu."

Selon l'infectiologue, il s'agit maintenant surtout de "bon sens". "Nous avons établi la mesure  des dix pour que tout le monde comprenne, mais ce qui compte avant tout ce n'est pas la règle empirique, c'est le bon sens", a-t-elle détaillé.