Cet outil peu coûteux permet de brancher deux personnes sur un même respirateur.

Jean Ruwet, un jeune assistant en chirurgie et étudiant à Solvay, s’est penché, avec Grégoire Le Brun, doctorant ingénieur en physique des matériaux et étudiant à Solvay, sur la création d’une pièce qui permettrait de doubler le nombre de patients admis aux soins intensifs. Ils ont mis au point un prototype et l'ont testé en seulement cinq jours.

En se penchant sur ce projet, l’objectif était de créer une pièce qui pourrait être appliquée sur des respirateurs préexistants. Si certains outils de ce type ont déjà été créés dans différents pays, à l’aide d’imprimantes 3D, celui-ci présente certains avantages. " Nous avons la chance d’avoir un atelier d’usinage de précision, Ruwet Mechanics, ce qui nous a permis de créer une pièce en inox chirurgical. Ainsi, ce multiplicateur est facile à produire, peu coûteux puisque la production d’une pièce représente l’investissement d’une quarantaine d’euros, et réutilisable ", explique Jean Ruwet.

Produit en inox chirurgical, l’outil peut donc être désinfecté après usage et utilisé pour d’autres patients.

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Ce dispositif permet certes de répondre à une problématique en cas d’urgence, mais il est limité. En effet, les deux patients branchés au même respirateur doivent présenter les mêmes caractéristiques puisqu’on ne peut pas ajuster les paramètres individuellement. C’est la raison pour laquelle Jean travaille actuellement sur une version améliorée de ce multiplicateur. " Sur cette deuxième version de notre multiplicateur, on va venir brancher différents modules qui vont permettre de personnaliser la ventilation pour chacun des deux patients au départ d’un même respirateur ", explique Jean Ruwet. Cela permettrait donc, avec un seul respirateur, d’agir comme si on en avait deux. Seul bémol, cette seconde version demande davantage de matériaux et est donc plus compliquée à produire.

Mille exemplaires du premier multiplicateur vont rapidement être produits. Celui-ci pourrait représenter un véritable atout dans la lutte contre le Covid-19, dans les pays émergeant. "Nous avons déjà été en contact avec le Guatemala et des pays d’Afrique, qui sont véritablement intéressés par notre multiplicateur", indique Jean Ruwet, qui conclut : "Il s’agit évidemment d’une solution utile dans les situations de crise, pour éviter de devoir procéder à un tri des patients."

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