Un malade de la Covid-19 sur deux dans le monde vit en Amérique. Les États-Unis et le Brésil trustent la grande majorité des nouveaux cas. En Asie, l’Inde et le Pakistan sont confrontés à une importante recrudescence des infections.

La pandémie de Covid-19 a franchi dimanche à la mi-journée le cap symbolique des 10 millions de cas déclarés dans le monde et, plus tard, celui des 500 000 morts, en tout juste six mois, selon le monitoring de l’université américaine Johns Hopkins (Baltimore), spécialisée en médecine.

Depuis l’émergence de cette maladie, constatée en décembre 2019 en Chine, la transmission du coronavirus Sars-CoV-2 continue de préoccuper les autorités et les populations à travers toute la planète. Un constat permet aussi d’apprécier la progression de la maladie : il a fallu un peu plus de trois mois pour parvenir au million de cas recensés sur la planète (le 3 avril) et un peu moins de trois autres mois pour franchir le cap des 10 millions de malades.

La moitié des personnes infectées ont été déclarées guéries, notamment dans trois des quatre pays les plus touchés au monde (Brésil, Russie et Inde) mais pas aux États-Unis, où cette proportion est d’un quart environ.

Près d’un malade sur deux dans le monde habite en Amérique

Près de la moitié des malades infectés dans le monde (4,9 millions) habite l’une des deux parties du continent américain. L’Amérique latine et les Caraïbes sont toujours la partie du monde où la maladie progresse le plus rapidement : du 21 au 27 juin, la région a enregistré 408 401 nouveaux cas, contre 253 624 aux États-Unis et au Canada.

Les États-Unis, qui ont franchi samedi la barre des 2,5 millions de personnes contaminées et celle des 125 000 morts, sont de loin le pays le plus touché au monde par la pandémie. La contagion progresse dans trente des cinquante États américains, notamment dans les plus grands et les plus peuplés de l’ouest (la Californie) et du sud (le Texas et la Floride), où elle semble hors de contrôle. La Floride, en particulier, a enregistré un nouveau record, avec 9 585 nouveaux malades et 24 morts sur une journée. Pour le gouverneur de l’État, Ron DeSantis, il y a une "vraie explosion" de la maladie chez les jeunes qui ont renoué avec les plages et les fêtes nocturnes à la faveur du déconfinement.

En Amérique du Sud, le Brésil continue de susciter de vives inquiétudes et de payer le prix de la gestion laxiste des autorités publiques. Le géant aux 210 millions d’habitants, deuxième pays le plus touché au monde, recense désormais plus de la moitié des cas d’infections détectés aux États-Unis. Dimanche à la mi-journée, il affichait plus de 1,3 million de cas et plus de 57 000 morts.

À sa frontière occidentale, la Bolivie a connu samedi un record de cas quotidiens de coronavirus, soit 1 253 infections supplémentaires, portant le nombre total à 30 000. "Nous entrons dans une phase d’augmentation rapide des cas de Covid-19", a reconnu le ministre de la Santé, Eidy Roca. Le Pérou (276 000 cas) et le Chili (268 000 cas) sont respectivement les sixième et septième pays les plus touchés dans le monde.

En Asie, recrudescence en Inde et en Chine

En Inde, deuxième pays le plus peuplé au monde (1,3 milliard d’habitants), les épidémiologistes pensent que la pandémie n’a pas encore atteint son pic. L’Inde (530 000 cas), comme ses voisins le Pakistan (203 000) et le Bangladesh (138 000), a connu une nette recrudescence des contaminations la semaine dernière (près de 120 000 cas supplémentaires). Elle figure ainsi au quatrième rang mondial des pays les plus touchés par la pandémie, pour un peu plus de 16 000 décès induits.

Alors que le pays est dans une phase de sortie de confinement, le virus circule de manière inquiétante dans les villes très densément peuplées. New Delhi prévoit d’atteindre à elle seule les 500 000 cas d’ici la fin juillet et a réquisitionné wagons, hôtels et salles de fêtes pour désengorger les hôpitaux. L’Inde pourrait atteindre un million de cas courant juillet. "Contrairement à la Chine, où la pandémie était relativement plus concentrée, autour de Wuhan et de quelques autres villes, l’Inde a une diffusion plus étendue qui rend les choses un peu plus compliquées pour le système de santé", a expliqué l’expert en santé publique Anant Bhan.

En Chine, berceau de la pandémie, le virus a refait son apparition mi-juin à Pékin, au point que les autorités ont dû se résoudre à fermer les écoles et à confiner plusieurs milliers de personnes dans les zones résidentielles jugées à risque. Comme ce dimanche le canton d’Anxin, situé à 60 kilomètres au sud de Pékin, où la situation épidémique est qualifiée de "grave et complexe" par la municipalité.

La Russie, quant à elle, arrive au troisième rang mondial avec 635 000 malades.

En Iran, pays de loin le plus touché par la pandémie au Moyen-Orient (plus de 222 000 cas enregistrés pour 10 500 morts), 144 décès ont été recensés en 24 heures dimanche, chiffre le plus élevé en près de trois mois. Le pays a connu ce mois des records d’infection avec plus de 3 000 cas par jour. Le gouvernement a décrété une nouvelle mobilisation contre la pandémie, avec port du masque obligatoire dans certains lieux publics et feu vert au rétablissement de mesures restrictives dans les régions les plus touchées.

En Afrique, une accélération au Sud et un rebond au Nord

En Afrique du Sud, pays le plus touché du continent africain avec près de 132 000 cas répertoriés dont 2 400 décès, la pandémie est en pleine accélération. Le pays a enregistré une hausse des décès de plus de 20 pour cent la semaine dernière. Les autorités ont annoncé mardi passé que plus de 200 élèves et personnels d’une école avaient contracté le nouveau coronavirus moins de deux semaines après la reprise des cours. Le pays avait imposé fin mars un confinement très strict, progressivement assoupli depuis pour éviter un effondrement de l’économie.

Dans le nord du continent, le Maroc a recensé ces dernières semaines une nouvelle hausse des infections journalières, qui poussé les autorités du Royaume à prolonger le confinement. Rabat, tout comme Alger, affiche plus de 12 000 cas recensés. En Tunisie, la pandémie a été déclarée vaincue.

En Europe, le déconfinement et la relance menacés par de nouveaux foyers

En Europe, le nombre de nouvelles contaminations recensées au quotidien se stabilise depuis plus d’un mois, à moins de 20 000 nouveaux cas déclarés chaque jour. Mais l’OMS s’inquiète d’une accélération de la contamination dans onze pays de la région. L’Ukraine a notamment enregistré 1 109 cas vendredi dernier, un record qualifié de "vague grave" par les autorités. Sur le Vieux continent, le déconfinement est largement entamé, et l’heure est à la définition d’une stratégie économique pour sortir de la crise.

En Grande-Bretagne, cinquième pays le plus touché au monde (312 000 cas) mais le troisième sur le plan des décès (43 600), le Premier ministre Boris Johnson s’apprête à dévoiler un ambitieux plan de relance, à base de grands travaux d’infrastructure (routes, écoles, hôpitaux, prisons), pour soutenir l’économie du pays.

Les Européens ne parviennent en revanche toujours pas à s’accorder sur une liste de pays dont les résidents seraient autorisés à venir en Europe en juillet. Les États-Unis, mais aussi le Brésil et la Russie, pourraient faire partie des recalés.