Le SPF Santé publique et le centre de crise ont présenté ce lundi 25 mai les dernières données relatives à l'épidémie de coronavirus dans notre pays.

25 personnes ont pu quitter l'hôpital ces dernières 24 heures, tandis que 27 Belges y sont entrés. Les experts ont également déploré le décès de 32 personnes.

Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral covid-19, a salué la baisse du nombre de cas de contaminations, respectivement de -12% sur la dernière semaine. Après avoir rappelé les cinq mesures phares (1), Yves Van Laethem a rappelé qu'il fallait bien toutes les respecter: "Ce n'est pas à la carte, c'est un menu et il faut prendre tout le menu. Vous ne choisissez pas en fonction de vos envies ou certains jours d'en prendre seulement deux ou trois parce que c'est plus facile ou ça vous arrange mieux. Si vous ne respectez pas toutes ces mesures, le but de celles-ci, qui est de casser les chaînes de transmission, ne sera pas tenu."

Gare à l'eau de javel

Le porte-parole interfédéral a également mis en garde sur certaines pratiques. "On a remarqué ces derniers temps que des personnes se lavaient les mains avec des produits qui ne sont pas adéquats, par exemple de l'eau de javel trop concentrée ou d'autres substances corrosives. On doit vous rappeler que l'eau et le savon ou du gel hydroalcoolique sont suffisants et qu'il ne faut pas se lancer dans des choses dangereuses. Le centre antipoison en est le témoin: évitez de vous blesser ou de blesser d'autres, notamment les enfants."

L'importance d'aérer

Yves Van Laethem a enfin souligné l'importance d'aérer les pièces: "On vous rappelle que le beau temps permet d'aérer plus facilement les endroits intérieurs où nous sommes. Alors si nous rencontrons des gens en intérieur, essayons d'aérer cette pièce de manière à éviter que des microparticules puissent éventuellement jouer un rôle dans la transmission."

"Il est encore difficile de savoir ce qu'il se passe précisément devant ce nombre de cas un peu plus important en Flandre"

Yves Van Laethem a ensuite répondu aux diverses questions des journalistes. Et il a commencé par donner la valeur actuelle du R0 (R Zéro), soit le nombre de personnes qu’une personne infectée est susceptible de contaminer. "La valeur du R est une valeur que l'on suit une fois par semaine. Cela n'a pas de sens de le suivre tous les jours. Ce n'est jamais qu'un seul des paramètres que nous suivons. Sa valeur en fin de semaine passée était de 0,86 et nous aurons donc une autre valeur à vous donner en fin de semaine."

Pourquoi 4 personnes dans la bulle intime mais 30 à un mariage?

A la question de savoir quels étaient les critères scientifiques derrière le nombre de personnes choisies pour composer des bulles différentes (notamment 4 pour des visites familiales mais 30 pour un mariage ou 20 pour un club de sport), Yves Van Laethem explique: "Derrière ces chiffres, on tient compte potentiellement des risques de contact et donc des risques de transmisson par contact plus proche ou plus intime. Dans le cas de la bulle proche, d'amis, on peut les voir dans un cadre prolongé, on peut manger et boire avec elles. On le fait dans l'intimité familiale et donc le risque d'infection est plus important potentiellement. Ceci explique le choix d'un nombre limité de personnes. Dans le cadre d'un mariage ou un enterrement, cela va se passer dans l'espace public, dans une maison communale, dans une église ou un cimetière, et ceci va se dérouler dans un moment précis et dans un espace où la distanciation sociale pourra être maintenue. Dans le cas de l'activité sportive, cela se fera sous les yeux d'un entraîneur qui veillera au bon respect de la distanciation."

Un deuxième lockdown en cas de seconde vague?

Le ministre de l'Intérieur Pieter De Crem a affirmé qu'il n'y aurait pas de deuxième lockdown en cas de nouvelle vague. Le porte-parole interfédéral a tenu à nuancer cette déclaration. "Dans le contexte de cette pandémie, nous ne disposons pas d'un traitement efficace ni d'un vaccin. Les seuls moyens dont nous disposons sont de dépister les cas par un nombre de tests suffisant et d'effectuer le suivi des contacts par un système bien structuré. Ces systèmes nous manquaient au début de l'épidémie et, en cas de deuxième vague, ils devront être augmentés dans leur efficacité. Par contre, si on se rend compte que cette seconde vague persiste et prend de l'ampleur, actuellement nous ne disposons pas d'autres solutions que de rompre les chaînes de transmission. Cela revient donc au confinement que nous avons déjà connu. Après, sera-t-il appliqué de la même manière? Ce n'est pas certain. On pourrait, au vu des connaissances actuelles et des techniques dont nous disposons, assurer ce lockdown dans certaines parties du pays ou certaines provinces ou le faire pour des populations plus limitées à plus haut facteur de risques."

Trop tôt pour évaluer l'impact du déconfinement du 11 mai

"Nous avons déjà l'impact de la phase 1A du 4 mai et nous ne constatons pas de modification des différents paramètres que nous suivons", indique Yves Van Laethem. "Par contre, pour cette phase 1B qui a commencé le dimanche 10 mai, c'est encore difficile à estimer. Les premières évaluations restent totalement positives ces derniers jours. Ce week-end, on n'a ainsi rien remarqué de spécial. Mais c'est au cours de la semaine et des dix jours qui viennent qu'on aura la pleine évaluation de l'impact actuel des mesures prises les 10 et 11 mai".

Comment expliquer ce chiffre plus élevé de nouveaux cas en Flandre?

"Il est encore difficile de savoir ce qu'il se passe précisément devant ce nombre de cas un peu plus important en Flandre", détaille le porte-parole interfédéral. "Il existe deux possibilités d'explication: la population elle-même et les médecins qu'elle contacte font mieux ce test de dépistage, plus fréquemment qu'à Bruxelles et en Wallonie. L'autre explication serait que le virus circule éventuellement plus côté flamand et ceci reste encore à confirmer et à affiner dans les jours qui viennent."

Un malheureux mélange d'informations à Saint-Trond

Questionné sur l'existence de super clusters en Belgique, Yves Van Laethem a tenu à rassurer et s'est expliqué au sujet de l"accident" de Saint-Trond. "Actuellement, dans notre pays, nous n'avons pas encore de super clusters. Donc on ne peut certainement pas encore parler de deuxième vague. Ce qui se passe ou ce qu'il s'est passé à Saint-Trond, cette impression d'augmentation en quelques jours du nombre de cas par rapport au reste de la région et du pays, est lié au fait que des résultats de tests PCR (de détection du virus) et de tests de sérologie (de détection d'anticorps) ont été accidentellement repris dans les mêmes tableaux. Il y a eu un mélange d'informations qui a donné artificiellement l'impression que la région de Saint-Trond connaissait un problème aigu. Ceci va être corrigé. Il ne s'est donc rien passé réellement de particulier dans la région de Saint-Trond."

Plus qu'un seul point presse par semaine

Par ailleurs, Benoît Ramacker, porte-parole du Centre de crise, a confirmé qu'à compter d'aujourd'hui, il n'y aurait plus qu'une seule conférence de presse organisée par semaine pour faire le point sur la situation corona dans le pays : le vendredi, toujours à 11h.

(1) Les cinq mesures sont: - si vous êtes malade, vous ne sortez pas et appelez votre médecin ; - vous vous lavez les mains le plus souvent possible, avec de l'eau et du savon ou du gel hydroalcoolique ; - vous restez à une distance suffisante d'au moins 1,5 m ; - vous portez un masque dans les transports en commun mais aussi dans tous les endroits où cette distanciation ne pourra être respectée ; - vous essayez de limiter les contacts physiques au possible, même si vous êtes dans la "bulle" des quelques personnes autorisées.

Revoir la conférence de presse: