L'Allemagne a vu, ce dimanche 21 juin, le taux de reproduction du coronavirus (R) passer de 1,79 à 2,88. Ce chiffre, qui représente le nombre moyen de personnes infectées par un malade, ne s'élevait encore qu'à 1,06 ce vendredi. Cette hausse importante de la donnée scrutée par les experts prouve que le virus circule toujours de façon importante dans le pays. Pour qu'une épidémie prenne fin, il faut que le R ne dépasse pas la valeur de 1. 

Si ce chiffre est largement supérieur à celui attendu pour mettre un terme à la crise sanitaire, les experts estiment qu'il n'est pas non plus surprenant. En effet, plusieurs foyers de contamination ont été découverts ces derniers jours en Allemagne. Des abattoirs ont notamment dû fermer leurs portes suite à de nombreuses infections au sein de leur personnel. Selon l'institut Robert Koch qui collecte les données relatives au coronavirus, l'apparition de ces "clusters" a dû jouer un rôle important dans cette augmentation du taux de reproduction du virus. "Il faudra voir dans les prochains jours si le nombre de cas augmente en dehors des foyers de contaminations identifiés", explique l'institut de santé publique allemand. 

En Belgique, le virologue Emmanuel André a perçu cette hausse du taux de reproduction du coronavirus en Allemagne comme un "signal d'alerte sérieux". "Cela devrait rappeler à tous les pays européens que l'épidémie de Covid-19 profitera de chaque opportunité pour reprendre sa force", a écrit sur Twitter l'ancien porte-parole interfédéral, rappelant que ce n'était pas le "moment de faire la fête". 

    

Son tweet fait suite aux différents rassemblements constatés en Belgique ce samedi 20 juin. Des fêtes en plein air ont ainsi été organisées à Ixelles et Anderlecht, suscitant l'ire des experts, inquiets d'assister à une recrudescence de l'épidémie.
     
Actuellement, le taux de reproduction du coronavirus en Belgique s'élève à  0,87 (mesure concernant la période du 12 au 18 juin). S'il est resté assez stable durant ce mois de juin, il avait quelque peu oscillé en mai passant de 0,6 à 0,8.